Après 90 minutes de jeu, Suisse et Pologne sont inséparables. Les Polonais ont ouvert le score à la 39e minute par Blaszczykowski, les Suisses ont égalisé à la 82e minute par Xherdan Shaqiri. Un but extraordinaire, une volée acrobatique de l'extérieur de la surface, qui restera comme l'un des plus beaux de cet Euro.

Dans le public du stade Geoffroy-Guichard, impossible de distinguer les supporters rouge et blanc de la Suisse des fans blanc et rouge de la Pologne. Sur le terrain, tout est clair: La Suisse en rouge, la Pologne en blanc. Et une équipe, la Pologne, qui presse, et l'autre qui subit.

Au coup d'envoi, il apparaît immédiatement qu'une statistique établie sur les trois premiers matchs n'a pas échappé à l'entraîneur polonais Adam Nawalka: La Suisse perd beaucoup de duels défensifs (53 sur 101 disputés) alors que la Pologne en gagne un nombre appréciable en attaque (47 sur 92). Le 48e survint après trente secondes de jeu: Milik presse Djourou aux abords des seize mètres et sert Lewandowski. Attentif, Yann Sommer bondit au devant du buteur polonais et renvoie son tir, sur Milik qui manque à vingt mètres le but suisse déserté. La Nati s'en sort bien. Mais il lui faut encore dix bonnes minutes, et une jolie action côté gauche de Mehmedi-Shaqiri-Dzemaïli, pour sortir la tête de l'eau.

La Suisse surprise en contre-attaque

Petit à petit, le match s'ouvre et les occasions apparaissent, Bien servi en profondeur, l'ancien Sédunois Kamil Grosicki est pris en tenaille par la défense centrale helvétique mais il tente instantanément un lob lointain qui manque de précision. Un corner de Milik trouve la tête de Krychowiack (29e). Devant l'autre but, Fabian Schär obtient un bon ballon sur corner mais il veut sans doute trop bien faire et écrase sa tête piquée (35e). Trois minutes plus tard, une frappe déviée de Dzemaïli oblige le gardien Fabianski à un arrêt difficile. Corner côté droit. Ricardo Rodriguez traverse tout le terrain pour venir le tirer. Le latéral gauche n'est ni replacé ni remplacé sur le contre polonais qui suit. Grosicki a un contre favorable et centre fort. Milik laisse parler derrière pour Blaszczykowski, tout seul, qui place le ballon entre les jambes de Yann Sommer (0-1).

Secoués par ce but qui les place au pied du mur, à moins que ce ne soit par Vladimir Petkovic, les Suisses entament la seconde mi-temps dans de bien meilleures dispositions. Les latéraux participent plus aux offensives et Xherdan Shaqiri réussit enfin ses dribbles. Il s'essaye même à un tir brossé du gauche (50e), avec moins de réussite que Dimitri Payet mais cela dénote un nouvel état d'esprit. En jouant plus haut, la Suisse s'expose aux contres polonais. Fabian Schär en stoppe un en découpant Robert Lewandowski (56e), ce qui lui vaut un carton jaune. Il ne jouera pas le prochain match mais à ce moment de la partie, la Suisse est bien loin de ce genre de calculs.

Seferovic sur la barre

Le match est encore long, il faut trouver un équilibre pour tenter davantage sans risquer de tout perdre. Le dilemme traverse le camp suisse, qui baisse de rythme à l'heure de jeu. Ce sont pourtant les Polonais, qui ont eu deux jours de récupération en moins, qui sont censés faiblir en fin de match. Avec un peu de roublardise, ils multiplient les temps morts, gagnent du temps, hachent le fil de la rencontre.

Petkovic fait entre Embolo (pour Dzemaïli) puis Derdiyok (pour Mehmedi), Shaqiri tente de réveiller ses partenaires et la Pologne gère sereinement. A l'entame du dernier quart d'heure, malgré le passage en 4-4-2, on se dit que seul un exploit peut sauver la Suisse. Peut-être sur ce coup-franc à 20m qu'obtient Shaqiri. Ricardo Rodriguez le tire parfaitement mais Fabianski le détourne in extremis de sa lucarne (74e). Le gardien polonais ne bouge pas lorsque Seferovic, en retrait d'un coup-franc repoussé par la défense, tire du gauche sur la barre transversale (79e).

La délivrance tombe à la 82e minute. Rodriguez centre dans le paquet, un Suisse dévie du talon, le ballon arrive mi-hauteur à l'orée des seize mètres. Shaqiri s'élève, frappe en ciseau à l'horizontal et expédie le ballon au ras du poteau de Fabianski (1-1). Un but exceptionnel qui récompense la très bonne deuxième mi-temps de Shaqiri, mais surtout qui remet la Suisse dans le match.