Marc Roger avait un argument crucial pour tenter de convaincre les investisseurs étrangers d'entrer dans le capital du Servette FC: la valeur de l'ensemble des joueurs qui appartenaient au club. Dans un document officiel estampillé «Servette de Genève Football SA» daté du 30 novembre 2004, Marc Roger avait estimé la valeur du capital joueurs du SFC à 31 millions d'euros (48 millions de francs!). Dans une liste de 18 joueurs, on apprend que Thierno Bah, l'international suisse a un prix de 1,5 million d'euros (2,3 millions de francs) alors que le gardien Sébastien Roth aurait pu être vendu – toujours selon les calculs de Marc Roger – pour un montant de 1 million d'euros (1,55 million de francs). Autre surprise: Jorge Valdivia, un des espoirs du football chilien, bénéficiait d'une cote à la vente de 5 millions d'euros (7,7 millions de francs) alors que la valeur de Paolo Diogo, le joueur qui perdit une phalange dans un grillage du stade de La Praille, n'était que de 100 000 euros (155 000 francs).

Ce document confidentiel aurait pu être le fruit d'un savant calcul de la part d'une personne qui connaissait bien le marché. Marc Roger était lui-même agent de joueurs avant de devenir président du club genevois. Mais si ce montant avait représenté la vraie valeur des joueurs, pourquoi ne pas avoir renfloué le SFC en dernière minute pour une dizaine de millions de francs et avoir revendu dans la foulée le capital joueur au prix mentionné de 48 millions? La plus-value aurait été substantielle. Mais la réalité est un peu différente. En tout cas bien loin des étranges estimations de l'ancien président du Servette FC.