On le devine dès l'arrivée à l'aéroport, dans le regard des personnes croisées dans le terminal. Salt Lake City est déjà fière de ses Jeux. La ville est fière d'avoir surmonté la terrible crise née des révélations de corruption au CIO. Et fière, surtout, de pouvoir présenter aux regards du monde une carte des sites où aucune pièce du puzzle ne manque.

Près d'une année sépare encore l'Utah des Jeux d'hiver de 2002, mais le chantier olympique semble définitivement achevé. «Une bonne partie des installations existait avant même la désignation de la ville comme hôte de l'événement, explique Jean-Claude Killy, le vice-président de la commission de coordination du CIO. Le reste, les Américains l'ont bâti à leur façon, avec rigueur et efficacité.»

Depuis le début de l'année, le comité d'organisation des Jeux (SLOC) a organisé plusieurs compétitions préolympiques. Et la plupart des athlètes invités n'ont pas fait mystère de leur satisfaction. A Park City, les bobeurs ont bouclé l'avant-dernière étape de la Coupe du monde, fin février, sans un mot de travers pour la piste. «Elle est un peu courte (47'' seulement), mais tout de même très exigeante, assure Bruno Mingeon, le pilote français, champion du monde de bob à quatre en 1999. Et les Américains ont soigné les détails. Les zones de départ et d'arrivée sont couvertes. Par mauvais temps, c'est appréciable.»

Plus à l'est, le site de Soldier Hollow, choisi comme décor aux épreuves de ski de fond et de biathlon, a reçu les félicitations du Norvégien Ole Einar Bjoerndalen, actuel deuxième du classement général de la Coupe du monde. «Ce site est le meilleur du circuit, a-t-il affirmé après sa victoire dans le 10 km. Et le plus spectaculaire pour le public, puisque les gens pourront suivre la totalité de la course depuis les tribunes.»

Le seul bémol concerne le Delta Center, l'immense salle de basket des Utah Jazz, désignée pour recevoir les épreuves de patinage artistique. Plusieurs compétiteurs se sont plaints du niveau trop bas de la glace. «On a l'impression d'évoluer dans une fosse», aurait avoué l'Américaine Michelle Kwan.

Les organisateurs ont pris note. Puis entrepris de corriger cette faute de goût. A l'américaine.