«Aucun candidat n'a de charisme suffisant pour s'imposer naturellement.» La sentence d'un proche du dossier, à la veille de l'élection, a pris tout son sens au moment du verdict. Avant le vote du premier tour, les quatre candidats ont eu cinq minutes pour se présenter à l'assemblée des délégués. Aucun n'a réussi à forcer l'admiration d'une majorité. Dès lors, les alliances allaient décider du nouveau président. A ce jeu-là, Urs Saladin, bien que porté par la plus forte des sections, la Ligue amateur, a été minorisé. Guido Cornella, président de la première Ligue, s'est retrouvé isolé entre le monde professionnel et amateur. Restaient les deux candidats de l'élite: Ralph Zloczower, président de la Ligue nationale et Jean-François Kurz, présenté par le Lausanne-Sports.

Ce dernier, entré tardivement en campagne, a eu le mérite de dynamiser celle-ci. Il a rappelé les enjeux du football mondial et réaffirmé l'importance du monde professionnel dans le contexte économique actuel. En résumé, le football suisse a besoin d'être rénové et dirigé par ceux qui ont les problèmes les plus aigus. Le banquier de Trélex, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, a finalement renforcé la position du président de la Ligue nationale puisqu'il a mis en évidence l'importance de celle-ci. D'abord divisée, la LN a su se ressouder autour d'une unique personne au moment décisif, le vote du deuxième tour, et convaincre une majorité de délégués. Ralph Zloczower, le candidat officiel, s'imposait dès lors.