L’hélicoptère tournoyait depuis plus d’une heure, avec l’obstination d’un bourdon butineur, au-dessus du court central. Agaçant – sauf pour les deux joueurs, perdus dans les limbes de leur duel –, surtout lorsqu’on ne comprend pas ce qu’il fait là. Réponse à 20h30 locales. La foule compacte de la Rod Laver Arena se lève et ovationne un jeune homme de bonne famille, entouré d’une cohorte de cerbères: le prince William, en tournée dans le Commonwealth des antipodes. Alors, l’hélicoptère de surveillance quitta la scène.

L’héritier du trône britannique voulait voir jouer un autre prince, celui des courts, Roger Federer. Il ne l’aura apprécié que 21 minutes, le maître ayant expédié son 2e tour au pas de charge face au pauvre Roumain Victor Hanescu (ATP 47), 6-2 6-3 6-2 en 1h39’. L’intrusion bruyante de l’altesse n’a donc pas eu l’heur d’altérer la vitesse du Federer Express: «Je suis habitué à ces réactions du public durant mes matches, alors non, cela ne m’a pas dérangé», dira-t-il avec un flegme très british.

Au terme de la partie à sens unique, les deux princes se sont serré la main. Qu’a dit William? «Que regarder du tennis le changeait agréablement de ses obligations politiques.»

Les mondanités derrière lui, le No 1 mondial se concentre désormais sur son 3e tour de samedi, qui l’opposera à l’Espagnol Albert Montanés (No 31), avant un probable 8e de finale non pas princier mais royal, contre le revenant Marcos Baghdatis – vainqueur de David Ferrer (No 17) en cinq manches après avoir égaré les deux premières – ou le «vétéran» Lleyton Hewitt.