Encore une journée de repos sur le Tour de France plombée par une affaire de dopage! Mardi matin, l’équipe Cofidis dirigée par Yvon Sanquer qui a repris en mains l’équipe juste avant la Grande Boucle, a reçu la visite des policiers et gendarmes à son hôtel de Bourg-en-Bresse (Ain). La descente s’est effectuée à la demande du juge d’instruction de Marseille, Annaïck Le Goff.

Un coureur de l’équipe aurait été interpellé déjà lundi soir. Son nom? Rémy De Gregorio, actuellement à la 35è place au classement général à 18 minutes du leader Bradley Wiggins. Le Marseillais de 26 ans est cycliste professionnel depuis 2005. Comparé à Richard Virenque à l’orée de sa carrière, il a évolué dans les formations Française des Jeux et Astana avant de rejoindre Cofidis cette saison. En huit saisons dans l’élite, Di Grégorio a pour succès le plus notable une victoire d’étape dans Paris-Nice en mars 2011. Cette année, il a enlevé au printemps une étape du Tour des Asturies, dont il a fini à la 3e place.

Rémy Di Grégorio a été placé mardi en garde à vue dans le cadre d’une commission rogatoire ouverte en juin 2011 pour trafic de produits dopants en bande organisée, a indiqué à l’AFP le procureur de Marseille Jacques Dallest. Le coureur a été arrêté par la gendarmerie à Bourg-en-Bresse avant d’être directement transféré à Marseille pour y être entendu alors que parallèlement deux hommes étaient placés en garde à vue à Marseille, dans le cadre d’une affaire présumée de dopage. Les deux hommes interpellés sont soupçonnés d’être «en relation» avec Rémy Di Grégorio, selon le parquet qui n’a pas souhaité en dire plus avant la fin de la garde à vue des trois hommes.

Di Gregorio aurait, selon le site du quotidien sportif l’Equipe, «été trahi par un coup de téléphone passé par son portable à destination d’un potentiel trafiquant de produits dopants». Il aurait été sur écoute dans le cadre d’une enquête ouverte l’an dernier concernant Astana, l’équipe kazakhe où il courait en 2011.

La formation Cofidis, qui a tenu une conférence de presse mardi dans l’après-midi à Mâcon, a rapidement confirmé une première sanction à l’encontre de son coureur: suspension dès à présent., à titre conservatoire, «dans l’attente de plus amples informations concernant la réalité des faits qui lui sont reprochés».. «Nous venons d’apprendre qu’un de nos coureurs, engagé sur le Tour de France, aurait tenté de recourir à l’usage de substances dopantes pour améliorer ses performances. Si ces faits sont établis», dit Cofidis, Di Grégorio «sera licencié sur le champ comme le prévoient les termes de son contrat et la politique d’éthique de l’équipe». «Nous considérons malgré tout que ce cas isolé ne doit pas remettre en cause la participation de l’équipe au Tour de France et pénaliser ceux qui n’ont rien à se reprocher. L’équipe se présentera donc au départ ce mercredi matin», a ajouté Cofidis en rappelant avoir «mis en place depuis de nombreuses années une politique exemplaire de lutte contre le dopage, bien au-delà de ce qu’impose la réglementation internationale dans ce domaine». La formation française n’entend donc pas quitter le Tour, comme cela avait été le cas en 2007 suite au cas du coureur italien Cristian Moreni.

Adhérente au MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), l’équipe a instauré des contrôles supplémentaires inopinés et mené des actions de prévention. «Nous constatons aujourd’hui que ces actions ne nous prémunissent pas contre les agissements isolés d’individus sans scrupules qui ternissent l’image du sponsor et salissent celle de tous les autres coureurs de l’équipe», conclut Cofidis.

Trois jours avant le départ de Liège, une enquête préliminaire dans le cadre d’une potentielle affaire de dopage visant l’équipe Europcar cette fois avait été révélée par L’Equipe, sans que des sanctions ne soient prononcées à l’encontre des coureurs dirigés par Jean-René Bernaudeau. Avec cette affaire Cofidis, qui secoue le peloton, c’est une deuxième formation française visée pour des faits juridiquement similaires.