Tennis

Un dimanche de retours gagnants

Belinda Bencic revient dans le top 10 du classement WTA après son sacre à Moscou et Andy Murray remporte son premier titre depuis 2017 en battant Stanislas Wawrinka en finale du tournoi d’Anvers

Cela aurait pu être le Super Sunday du tennis suisse. Alors que Roger Federer déclarait dans une interview accordée à Sportweek, un supplément de La Gazzetta dello Sport, qu’il n’avait «pas encore décidé» à quel moment il arrêterait sa carrière (ce qui est toujours une bonne nouvelle pour ses nombreux supporters), Belinda Bencic et Stan Wawrinka étaient appelés à disputer les finales des tournois de Moscou et d’Anvers.

Un doublé aurait été la mise en bouche idéale au festin de jeu qui s’annonce cette semaine en terres helvétiques, avec 11 des 30 meilleurs joueurs du monde au rendez-vous des Swiss Indoors de Bâle. Las: ce dimanche n’allait pas être celui du tennis suisse, mais des retours gagnants, au grand dam de Stan Wawrinka, battu au bout d’une belle bataille par Andy Murray (3-6 6-4 6-4), quelques heures après le sacre de Belinda Bencic.

Vers un premier Masters

La Saint-Galloise de 22 ans avait réussi sa campagne de Russie dès le samedi et sa victoire en demi-finale contre la Française Kristina Mladenovic (6-3 6-4): elle lui assurait sa qualification pour le Masters qui réunira, du 27 octobre au 3 novembre, les huit meilleures joueuses du monde à Shenzhen (Chine). C’est la première fois qu’elle y participera, et la jeune femme n’a pas caché la joie que cela lui procurait.

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Dimanche, elle a confirmé ses bonnes dispositions en dominant sans problème, au-delà d’un premier set raté, la Russe Anastasia Pavlyuchenkova (3-6 6-1 6-1) pour décrocher son quatrième titre sur le circuit WTA. Cela lui permet surtout d’acter son retour au tout premier plan. Elle pointe ce lundi au septième rang de la hiérarchie mondiale, comme en février 2016 alors qu’elle n’avait que 18 ans et qu’elle s’apprêtait à entamer une sacrée dégringolade. Il y a deux ans encore, elle bataillait dans des tournois de troisième catégorie, reléguée au-delà de la 300e place du classement WTA.

Cette saison, elle a vite fait preuve d’un tennis retrouvé. En février à Dubaï, dans le cadre d’un tournoi très relevé, elle a éliminé quatre membres du top 10 mondial pour décrocher la victoire finale, avant d’enchaîner en atteignant le dernier carré du tournoi d’Indian Wells. Par la suite, elle a traversé des moments plus compliqués, notamment à cause de petits soucis physiques, mais cela ne l’a pas empêchée de s’offrir une fin de saison en apothéose. Au Masters, elle comptera parmi les outsiders. Mais elle a prouvé ces derniers mois que lorsqu’elle évolue à son meilleur niveau, elle n’a personne à craindre.

La retraite attendra

A 2500 kilomètres de Moscou, Stan Wawrinka a parfaitement réussi son entrée dans sa seconde finale de l’année, après celle qu’il a perdue à Rotterdam, en février contre Gaël Monfils. Solide face à un Andy Murray un peu brouillon, il a remporté aisément le premier set et semblait se diriger vers son premier titre depuis celui qu’il a conquis en 2017 à Genève. Mais l’Ecossais a réussi à revenir dans la partie, et surtout à prendre l’ascendant dans une dernière manche très incertaine, jusqu’à provoquer la faute de trop de son adversaire vaudois.

Andy Murray est alors resté de longues secondes assis, tête baissée, sans doute à mesurer le chemin parcouru. En soi, ce 46e titre, acquis au bout d’un tournoi estampillé ATP 250, n’est pas le plus spectaculaire de la carrière d’un joueur qui a remporté trois levées du Grand Chelem. Mais il faut se rappeler qu’en janvier le joueur de 32 ans annonçait l’imminence de sa retraite sportive. Peut-être dès son élimination de l’Open d’Australie. Ou alors, si sa hanche douloureuse devait le lui permettre, après Wimbledon. Il lui paraissait inconcevable de continuer à jouer au tennis de manière professionnelle au-delà. Et quelques tournois plus tard, le voilà à remporter un titre de plus, et à se projeter sur une nouvelle participation à l’Open d’Australie, l’horizon de nouveau ouvert. Au fond, il en est arrivé au même stade que Roger Federer, à ne pas savoir quand s’arrêtera sa carrière.

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