Malgré quelques soucis rencontrés par l'organisation pour boucler son budget, le «Trial Indoor 2000» se déroulera bien le 4 février prochain à l'Arena de Genève. Le plateau proposé promet beaucoup, avec les participations des six meilleurs pilotes mondiaux, dont le champion du monde en titre, le Britannique Dougie Lampkin. Olivier Grandjean, organisateur de la manifestation, a profité de l'occasion pour donner au meilleur pilote suisse du moment la possibilité de côtoyer les grosses pointures mondiales.

Cette confrontation est toutefois informelle, aucun trialiste suisse n'est professionnel. Le pilote retenu a ainsi l'opportunité de tester les obstacles en même temps que les concurrents, mais il ne participe pas à la compétition. L'an passé, le Neuchâtelois Laurent Dängeli, champion de Suisse en titre, avait eu cet honneur. Mais, à 27 ans, celui-ci veut laisser la place aux jeunes. Jérémie Monnin profite ainsi de l'aubaine. Vice-champion suisse à 18 ans, le citoyen de Tavannes, dans le Jura bernois, a l'avenir devant lui. Il est conscient du défi à relever pour progresser: «J'étudie à l'école d'ingénieurs de Saint-Imier, ce qui me laisse peu de temps pour m'entraîner. Et comme se sont souvent les heures sur la moto qui font la différence…»

Un exemple: le Français Bruno Camozzi a passé environ sept heures par jour sur sa moto entre 18 et 25 ans. Jérémie Monnin ne baisse pas les bras: «J'ai pu participer l'an dernier à une manche de la Coupe du monde «outdoor» (en plein air) qui se déroulait en Suisse. D'abord impressionné par les obstacles, je me suis dit ensuite que je pouvais y arriver. Cela m'a motivé pour la suite de ma carrière.» Le jeune espoir a la tête sur les épaules, le professionnalisme ne l'obnubile pas. Il sait que seuls les quinze meilleurs mondiaux peuvent vivre du trial. Et comme on ne lui offre pas de structure sport-étude, l'espoir est mince.