Un match n’est jamais fini avant le coup de sifflet final, et un championnat n’est pas terminé avant que tous les enjeux ne soient mathématiquement tranchés. Mais Neuchâtel Xamax s’est grandement rapproché de la relégation en Challenge League cette semaine, lors des rencontres avec ses deux adversaires directs. Après avoir été déclassés par le FC Thoune dimanche (3-0), les hommes de Stéphane Henchoz ont concédé le nul contre le FC Sion ce jeudi (0-0).

Les Valaisans, qui aspirent à rattraper les Bernois pour échapper aux barrages, ont clairement joué pour l’emporter. Mais le partage des points leur est tout de même moins dommageable qu’à leurs adversaires du jour. Il laisse ces derniers scotchés à la dernière place du classement avec quatre points de retard, un match en plus, et une fin de saison compliquée: les Neuchâtelois affronteront dans l’ordre Lucerne, Young Boys, Servette, Saint-Gall et Lugano. Une victoire contre Sion leur aurait donné de l’espoir, à défaut de leur garantir le maintien. Le nul les laisse dans le plus profond des embarras.

Le public de la Maladière, assez bruyant même si amaigri à l’extrême par les restrictions sanitaires, a voulu croire que ses favoris allaient parvenir à passer l’épaule lorsque Christian Zock – qui avait été si présent dans les duels jusque-là – a été expulsé à un quart d’heure du terme. Il a donné de la voix jusqu’à cette frappe décochée par Taulant Seferi à la 94e, qui aurait encore pu tout changer. Mais il a dû se résoudre à quitter le stade penaud, une fois de plus. Xamax n’a plus gagné depuis sept matchs. Et à vrai dire, il fut encore assez loin du compte ce jeudi contre Sion.

Contexte chargé

La partie devait se dérouler la veille. Elle a été reportée d’un jour alors que le coup d’envoi devait être donné quelques heures plus tard, sur recommandation du médecin cantonal. Un cas de Covid-19 était apparu dans les rangs neuchâtelois, il fallait un peu de temps pour tirer la situation au clair. Heureusement, le joueur concerné ne s’est pas révélé contagieux, son équipe n’a pas dû être placée en quarantaine, et la rencontre a bel et bien pu avoir lieu – la Swiss Football League en étant quitte pour revoir une fois de plus son calendrier, et le FC Sion pour passer une nuit supplémentaire à l’hôtel.

Cette incertitude sanitaire est venue s’ajouter à un contexte qui ne manquait déjà pas de tension. La lutte contre la relégation, bien sûr. Et puis l’échange de politesses entre les deux équipes romandes pendant la trêve pandémique: le FC Sion n’a pas arrangé Xamax en engageant Serey Dié et Gaëtan Karlen à l’issue de leur contrat, mais avant le sprint final en Super League; le club neuchâtelois a rétorqué en récupérant Xavier Kouassi et Johan Djourou, licenciés à cause de la crise. Tout cela sans même parler de Stéphane Henchoz, qui vient de retrouver le banc de la Maladière après avoir commencé la saison en Valais…

Les retrouvailles furent pour le moins crispées. Une âpre succession de duels à mi-terrain, d’occasions avortées à peine après avoir été emmanchées. Xamax a eu mille peines à sortir de son camp, haut pressé par des adversaires disposés en 4-3-3 et décidés à empêcher toute velléité de construction. Quant au FC Sion, il a toujours manqué d’un petit quelque chose pour faire la différence. Mais il s’est procuré les principales occasions de but, notamment en fin de première mi-temps: Roberts Uldrikis aurait pu marquer sur une remise de Pajtim Kasami (42e), Ermir Lenjani n’a pas été loin de le faire d’une jolie frappe croisée (45e).

Il était peut-être écrit que les filets de Laurent Walthert ne trembleraient pas ce soir. Cela ne sera qu’une très maigre consolation pour Neuchâtel Xamax.