Aun mois de la fin de la saison de Coupe du monde de ski alpin, Didier Cuche trace un premier bilan de l'exercice 2003/04. De la frustration liée aux problèmes de combinaisons, il est passé au soulagement à la suite de sa victoire lors de la descente de Garmisch. Le Neuchâtelois vise désormais un podium en super-G.

Serein et détendu comme rarement, Didier Cuche revient sans inimitié sur les deux déceptions qui ont gâché son début de saison: «Ma blessure (ndlr: à l'épaule en novembre) m'a fait perdre le rythme et j'ai ensuite eu du mal à le retrouver. Et les combinaisons qui ont fichu en l'air la moitié de l'hiver.» Pas fataliste pour un sou, il compte sur les personnes concernées pour disposer d'un équipementier performant à l'avenir et pouvoir se battre à la régulière avec les meilleurs. «Une fois que le problème de combinaison – jamais aussi flagrant que cette année - a été réglé, l'équipe entière est redevenue compétitive et a renoué avec les podiums. Cela prouve que tout peut basculer très vite, dans un sens comme dans l'autre», analyse le Neuchâtelois. Et d'avouer que sa victoire de Garmisch, la cinquième de sa carrière, lui laisse un arrière-goût amer: «Du fait du déroulement de la saison, je ne l'ai pas autant savourée que les précédentes. Mais cela a été un soulagement de voir que tous les reproches n'étaient pas vraiment fondés. Comme toute l'équipe, j'avais commencé à douter. Et l'on sait que la confiance joue désormais un rôle énorme car le niveau est incroyablement élevé.»

«Revenir dans les quinze»

Neuvième du classement provisoire du super-G, dixième de celui de la descente, le skieur des Bugnenets a été éjecté du premier groupe (17e) en géant. «J'ai l'objectif de revenir dans les quinze, mais ce ne sera pas facile, admet Didier Cuche. Il faut que les conditions me conviennent, que la neige soit bien dure et compacte. Sans les ennuis de combinaison, j'aurais pu me concentrer sur cette spécialité alors que là, j'ai dû consacrer mon énergie aux disciplines de vitesse.» En descente et en super-G, Didier Cuche se sent capable de rivaliser avec les meilleurs et espère continuer sur sa lancée de Garmisch en montant sur le podium. Ceci d'autant plus qu'il aime la piste de Sankt-Anton où il avait terminé à la deuxième place du super-G il y a quatre ans. «C'est une piste sur laquelle il y a toujours quelque chose à faire. Elle est exigeante, très technique et comporte peu de passages de glisse», analyse le Neuchâtelois.

S'il fréquente encore le monde du Cirque blanc l'hiver prochain, ce ne sera plus sous les ordres de l'Autrichien Karl Frehsner. «Nous ne sommes pas consultés quant à sa succession et ce n'est pas un mal. Il y aurait plein d'avis différents. J'ai essayé de tirer le positif de son énorme expérience, comme je l'ai fait avec tous les entraîneurs et chefs alpins qui m'ont conseillé. Karl a amené beaucoup. Ce serait surtout bien d'avoir un peu de constance, car c'est toujours mieux et plus facile lorsque les gens se connaissent bien», conclut Didier Cuche.