Revue de presse

Un relatif état de grâce pour Gianni Infantino

Après l’élection, les médias accordent une certaine confiance au nouveau président de la FIFA. Mais pas illimitée

La palme de l’humour immédiat, et peut-être de la pertinence, revient à RTS La Première. Quelque 30 minutes après l’annonce de l’élection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, vendredi soir, le commentateur à chaud de Forum se hasardait à dire qu’en matière de réformes, ce choix – finalement peu surprenant – conduirait à faire avancer la FIFA «à pas de moustique, si tant est que les moustiques marchent».

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L’origine italo-helvétique Gianni Infantino n’a pas manqué de susciter quelques sarcasmes, comme ce gazouilleur soulignant une succession entre Suisses.

Dans la soirée, l’ancien international anglais Gary Lineker a fait sensation en tenant un propos comparable.

Reste que dans l’ensemble, les commentaires d’après élection montrent des postures sur la réserve, et pas hostiles, à l’égard du Valaisan. Même en France, où les mésaventures de Michel Platini pourraient laisser quelques blessures. Le Monde se montre critique à la mesure des défis que doit relever Gianni Infantino: «On lui souhaite bonne chance et, plus encore, d’exercer un mandat radical: donner un coup de pied magistral, un «shoot» historique, dans cette machine à corrompre qu’est la FIFA. Bref, tout chambouler ou rien. […] L’avenir dira si le nouveau patron de la FIFA est capable de mettre en œuvre ce changement de culture. Ou s’il faut encourager le tribunal de Zurich – qui en a le pouvoir, la Fédération étant une association de droit suisse – à dissoudre la FIFA. Ou à la mettre sous tutelle.»

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Des chantiers «énormes, gigantesques»

Le Figaro met en évidence «l’humour» du nouveau président, avant de rappeler l’ampleur du problème: «Les chantiers qui attendent Gianni Infantino sont en tout cas énormes, gigantesques. L’intéressé aura notamment pour but de redorer le blason largement écorné de la puissante fédération internationale. Les têtes de Sepp Blatter et de Michel Platini sont tombées ces derniers mois, au cœur du scandale, et l’image de la FIFA, du football, sont au plus bas.»

Dans un éditorial (payant), L’Equipe relève que l’italo-suisse «a décroché la Lune», tout en soulignant dans un autre article que jusqu’ici, il n’avait «jamais été élu à un poste». Une pression supplémentaire.

Cité par Europsort, le journal allemand Kicker s’interroge: «Un choix net! Un bon choix? Les votants ont nettement privilégié Infantino par rapport à ses rivaux. Reste maintenant à l’Italo-Suisse de prouver qu’il était le bon choix», c’est-à-dire qu’il mène «une action immédiate pour mettre en œuvre le paquet de réformes votées à Zurich».

Le scepticisme se comprend

«Il est naturel de se montrer sceptique», note un blogueur spécialisé du Guardian, avant de pencher en faveur de l’élu: Gianni Infantini «est le produit d’une tradition administrative suisse, de servir les instances dirigeantes du sport», mais ce pedigree est préférable au fait d’émaner «d’une autocratie du Golfe» allusion au cheikh Salman. Le nouvel élu «offre l’espoir d’un meilleur avenir pour la gouvernance du football».

En Suisse, le responsable de la rubrique du Blick écrit que «le 26 février a été un bon jour pour le sport». Les espoirs pesant sur l’élu sont «herculéens», mais il est «en mesure de bâtir une organisation renouvelée, transparente et crédible».

En Italie, autre patrie du président, la Gazetta Dello Sport dresse un portrait flatteur de l’élu, nonobstant le fait qu’il est né non loin de Sepp Blatter; à l’UEFA, comme bras droit de Michel Platini, «il a mis en œuvre une politique revendiquée de fair-play financier, le nerf de la guerre». Avant de devenir «le nouveau roi du foot».

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