On se demanda l'espace d'un instant si, avec son patronyme de cow-boy «made in Georgia», Bobby Reynolds allait flinguer les Swiss Indoors de Bâle dès la deuxième journée; mais l'Américain n'avait, en dépit d'un service pétaradant, décidément pas les armes pour exécuter son forfait jusqu'au bout et éjecter Roger Federer de «son» tournoi. Quoique brouillon, le numéro 2 mondial a fini par s'imposer en trois sets (6-3 6-7 6-3), au bout de deux petites heures de jeu, sans franchement être mis en danger. Il affrontera jeudi, en huitièmes de finale, le vainqueur de la rencontre qui oppose aujourd'hui l'Argentin Eduardo Schwank au finaliste malheureux de l'an passé, le Finlandais Jarkko Nieminen.

Balbutiements

«Je me réjouis d'avoir une journée de repos devant moi», s'est empressé de préciser le héros des lieux au micro de Heinz Günthardt. La prestation du double tenant du titre, en effet, transpira la fatigue - on ne parlera pas de lassitude par égard envers les 9200 spectateurs, tous acquis à la cause de l'enfant du pays. Face au matricule 86 du classement ATP, dont le tableau de chasse 2008 se résume à deux victoires dans les tournois challengers de Bâton Rouge et Tallahassee ce printemps, le Rhénan n'a jamais vraiment trouvé son rythme de croisière. Pour tout dire, il a balbutié son tennis.

Trois balles de break vendangées

«Mon match était en ordre, je n'ai pas concédé la moindre balle de break», répliquera-t-il sur le coup de 22 heures, en salle d'interview. «Je suis toujours resté calme. J'avais déjà égaré un set au premier tour l'an dernier (ndlr: devant l'Allemand Michael Berrer), avant de remporter le tournoi sans en perdre un autre. Un scénario identique me conviendrait très bien.» Un Federer pleinement concentré n'aurait toutefois pas vendangé les trois balles de break offertes à 4-4 au deuxième set. Il ne se serait pas laissé déborder d'emblée dans le tie-break qui s'ensuivit et, une fois revenu de 1-5 à 6-5 dans ledit jeu décisif, il aurait sans doute enfoncé le clou sur la première de ses quatre balles de match.

Petit exploit de Bohli

Embarqué dans une troisième manche, le Bâlois n'a pas tremblé. Le voilà concentré sur la rencontre de Ligue des champions entre le FCB de son cœur et le FC Barcelone, à laquelle il assistera ce soir. «Tout est possible, surtout avec un public aussi magnifique», se persuade-t-il. «Même s'il est mon ami, j'espère que Thierry Henry partira sans point du Parc Saint-Jacques.»

George Bastl et Stéphane Bohli, les deux autres Suisses engagés ce mardi, ont connu des fortunes diverses. Tandis que le Villardou n'a pu résister face à l'Argentin Juan Martin Del Potro (2-6 4-6), le Genevois s'est hissé au deuxième tour en balayant un autre Gaucho, José Acasuso, sur un score sans appel (6-3 6-2).