Alors que le championnat entre dans sa dernière ligne droite, les présidents des clubs de ligue nationale décident aujourd'hui du maintien de la formule actuelle. Réunis à Egerkingen, les dirigeants de la Ligue suisse de hockey vont-ils une nouvelle fois succomber à leur irrépréhensible tentation à «l'innovation»? Tiraillés entre les désirs des techniciens, favorables à disputer davantage de matches durant le tour préliminaire - et les intérêts financiers, les édiles du hockey suisse s'interrogent.

En trois ans, le championnat a connu trois mues successives. La formule actuelle - 40 rencontres dans le tour préliminaire suivi de play-off joués au meilleur des sept matches contre 36 l'an dernier - pourrait être reconduite. Mais avec le passage la saison prochaine de onze à dix équipes, certains dirigeants souhaitent augmenter le championnat régulier à 54 matches. Ainsi, avec des play-off au meilleur des cinq matches, le champion suisse mouture 1999 remporterait le sacre national après un parcours de 69 rencontres contre 61 cette année! Un comble pour ceux qui dénoncent le rythme insensé de la formule actuelle.

Surenchère financière

«Notre souci, c'est de pouvoir vendre notre produit au public», plaide Kurt Locher, directeur de la ligue nationale. Or, ces trois dernières années, cette spirale inflationiste du nombre de rencontres, destinée à augmenter les recettes de matches, s'est avérée contreproductive. Lassé par des semaines trop chargées et des rencontres dénuées d'enjeu, le public n'a pas suivi. Pour preuve, les patinoires suisses, depuis quelques années, connaissent une diminution constante des affluences. Autre inconvénient de taille à ce projet de nouvelle formule, le contrat liant la ligue suisse de hockey à la SSR. Avec une retransmission maximum prévue de 52 rencontres, la ligue ne toucherait pas la totalité des 5,25 millions de francs alloués par la SSR. Reste enfin à trouver une solution satisfaisante pour harmoniser le passage de la ligue nationale B à la ligue nationale A après les incessants changements de ces dernières années.

Cette quête permanente de la «bonne formule» illustre avant tout les maux du hockey suisse, qui à l'instar d'autres pays européens, vit au-dessus de ses moyens. Les clubs rencontrent d'importantes difficultés financières. Dernier exemple en date, le CP Berne, à court de trésorie et endetté à la hauteur de 4 millions de francs.

Jamais à court de solutions miracles pour faire face à la surenchère financière de sa discipline, la ligue risque probablement de se distinguer par une nouvelle fuite en avant. En septembre, les dirigeants suisses, alléchés par les droit faramineux versés par les chaînes allemandes, avaient avancé l'idée d'un championnat englobant des équipes autrichiennes et germaniques. Le projet n'a pas encore abouti, mais reste d'actualité.

Pendant que les édiles de la ligue s'interrogent, Zoug et Ambri Piotta livrent ce soir l'ultime match dans le mano à mano qu'ils se livrent dans la course au titre. Déjà finaliste, Davos connaîtra enfin le nom de son adversaire. Après avoir été séchement battu 7 à 1 mardi au Herti, les Zougois ont pris leur revanche jeudi soir au Tessin en corrigeant Ambri 5-0. Seul club romand à rester en compétition, La Chaux-de-Fonds lutte pour sa survie dans l'élite. En s'inclinant 4 à 1 à Langnau jeudi, le HCC a sérieusement compromis ses chances de maintien. Le club est condamné à remporté ses trois dernières rencontres. A commencer par ce soir, aux Mélèzes, contre Hérisau. Le défi s'annonce difficile pour l'équipe à Riccardo Fuhrer, dont la jouerie semble grippée. Un samedi décisif à tous les niveaux du hockey suisse.