Les semaines qui ont précédé le coup d'envoi du championnat suisse ont été consacrées aux transferts. Comme partout en Europe. Mais, alors que nos voisins dépensent quasi quotidiennement des sommes astronomiques pour acquérir un joueur, les équipes suisses n'ont pas fait de folies. Pourquoi? Parce qu'elles n'en ont pas les moyens: les droits de télévision sont dérisoires, les recettes des matchs modestes, le merchandising insignifiant.

Servette, champion en titre, percevra cette saison 500 000 francs en droits de télévision sur le plan national. Alors qu'en France, les clubs de D1 touchent aujourd'hui au minimum 7 millions de francs et ils vont percevoir dès 2001 quelque 25 millions de francs par saison jusqu'en 2004. En Suisse, avec une moyenne de 6686 spectateurs par match pour la saison 1998-99, les entrées au stade ne peuvent pas être déterminantes. Alors que les ventes de gadgets à l'effigie du club restent négligeables.

Dans une telle situation, si la Suisse ne veut pas jouer à l'avenir en Europe un rôle marginal, elle doit se concentrer sur la formation. Le Servette FC et le Lausanne-Sports l'ont d'ailleurs compris. A la manière des petits clubs dans les grands pays, la Suisse, petit pays dans l'Europe, n'a pas d'autre solution pour rester compétitive. C'est son seul salut.