«Je m'appelle Joseph «Sepp» Blatter et je suis ici pour confirmer officiellement ma candidature à la présidence de la Fédération internationale de football association.» Ce qui n'était plus qu'un secret de polichinelle a finalement été dévoilé lundi à la Maison du sport français, à Paris. Devant un parterre de journalistes accourus du monde entier, le secrétaire général de la FIFA a présenté en premier lieu son futur bras droit, s'il devait être élu le 8 juin prochain, Michel Platini.

Habitués aux grands événements, les deux hommes sont détendus et souriants. Impossible d'éviter le slogan qui trône sur les murs et qu'ils ont choisi pour leur campagne présidentielle: «La FIFA pour tous, tous pour le football» (En filigrane certains lisent: «Blatter pour président, tous pour Blatter»). Charmeur et séducteur dans ses propos, comme à son habitude, le Haut-Valaisan effectue en fait sur les lieux du prochain Mondial sa première visite officielle. Hormis la presse, le premier rang accueille toute la nomenklatura de la Fédération française de football ainsi que le président de la Major Soccer League américaine, Alan R. Rothenberg.

Le choix d'avoir à ses côtés le coprésident du comité français d'organisation de la Coupe du monde de football n'est pas étranger aux changements que Joseph Blatter désire apporter à l'une des plus grosses fédération sportive. Michel Platini constitue un renfort de poids. Il devrait porter le titre de «directeur exécutif des sports» et officierait comme lien étroit, comme porte-parole, entre le monde des joueurs et le monde administratif de la FIFA. D'autre part, l'image de marque du Français peut jusqu'à l'échéance de l'élection faire changer d'avis bon nombre d'associations ou de fédérations.

«La présidence de la FIFA est une question de haute politique», a déclaré «Sepp» Blatter. Dès aujourd'hui, le politique qu'il est devenu part à la recherche de voix. Puisqu'il n'a pas le temps de rendre visite aux 198 associations qui peuplent la planète FIFA, il leur a envoyé un courrier précisant que l'imposant président de l'Union européenne de football (UEFA), Lennart Johansson, n'était plus le seul dans la course. Désormais et jusqu'au 7 avril, date de remise des candidatures, il sont deux à briguer le poste du Brésilien Joao Havelange. Malgré l'optimisme affiché par le clan du Suédois, rien n'est gagné d'avance. Car le Suisse a déjà reçu le soutien du président en place et de 16 pays, dont la majorité provient de l'Amérique du Sud: le Brésil, l'Argentine, la Bolivie, le Venezuela et l'Uruguay lui ont déjà fait part de leur voix. Ainsi que les Etats-Unis, la Jamaïque, l'Australie, le Yémen, le Qatar, la Libye, l'Arabie saoudite, le Liban, la Guyane et la Guinée. En Europe, le Danemark a affiché son opposition à Johansson. La France, à cause de Platini pourrait changer d'avis, tout comme l'Italie ou la Suisse.

Après une présentation encore floue quant au programme, Jo

seph Blatter est littéralement assailli de questions. Aguerri depuis plus de vingt-huit ans à la diplomatie de la FIFA, il dévie judicieusement en touche les remarques impertinentes liées à Lennart Johanssen et à l'Italien Antonio Mattarese qui espère prendre la place du Suédois à la tête de l'UEFA, si ce dernier est élu. Joseph Blatter a tout de même demandé à son président de le libérer de certaines tâches administratives, tout en conservant un œil sur l'organisation de la Coupe du monde. La chasse aux voix est ouverte jusqu'au 8 juin et campagne aussi: «Appelez-la bataille si vous le désirez», a conclu le secrétaire général de la FIFA.