Parti avant tout de Genève pour des raisons financières, le Supercross moto s'est trouvé un remplaçant de luxe: le 1er Trial international indoor qui sera organisé le 18 mai prochain, dès 18 heures, à l'Arena (près de l'aéroport de Cointrin). On se souvient que, organisateur du Supercross, Daniel Perroud a émigré à Bâle en 1998 où les infrastructures existantes lui permettent d'économiser les 200 000 francs que lui coûtait, à Palexpo, la construction des gradins. De plus, l'organisateur genevois a trouvé en Suisse alémanique des sponsors qu'il n'aurait pas eus à Genève. Il envisageait même récemment de quitter Bâle pour Zurich (Hallenstadion) où le droit des pauvres n'est pas retenu (130 000 francs supplémentaires d'économisés). «Ailleurs qu'à Genève, on nous propose des arrangements de qualité. Tant que la direction de Palexpo et les politiques ne bougeront pas, je ne suis pas prêt à revenir», nous expliquait-il il y a peu.

Le manque créé par l'absence du Supercross – qui attirait à chaque édition plusieurs milliers de spectateurs – sera donc pallié par l'arrivée du Trial international. L'épreuve ne compte cette année pour aucun championnat officiel, mais elle sera inscrite dès l'an 2000 au calendrier du championnat du monde. «Nous souhaitons profiter de cette première édition pour nous roder avant que les choses sérieuses commencent», explique Olivier Grandjean, ancien Monsieur Météo de la Télévision suisse romande et représentant la société organisatrice d'événements «Les GO». Le Norton Sport-Club de Genève donne un coup de main à l'organisation de cette manifestation qui reçoit le soutien de la Fédération motocycliste suisse et de la Fédération internationale motocycliste.

Une chose apparaît quasi certaine aujourd'hui: le coup d'essai pourrait bien se transformer en coup de maître. Surtout si l'on tient compte du fait que les meilleurs spécialistes de la planète – représentant cinq nations – ont annoncé leur présence à l'Arena. On pense ici aux Britanniques Dougie Lampkin – double champion du monde 1997, 1998 et No 1 mondial indoor 1997, 98 et 99 (cette saison, il a remporté toutes les épreuves) –, Graham Jarvis (actuel No 4 mondial) et Steve Colley (No 7). Le Japonais Takahisa Fujinami, le Français Bruno Camozzi ou encore le Neuchâtelois Laurent Daengeli (No 1 suisse) seront aussi de la fête.

Côté organisation, Olivier Grandjean et son équipe pourront s'appuyer sur l'infrastructure professionnelle utilisée habituellement par le circuit européen. Enfin, pour ce qui est du parcours, on sait qu'il comptera six à sept zones (regroupements d'obstacles) fabriquées à partir d'éléments artificiels différents (traverses de chemin de fer, immenses bobines de câbles électriques, cuves métalliques, chute d'eau impressionnante, cubes, etc.). «Un plateau scénique des plus originaux, assure Olivier Grandjean. Notre rendez-vous doit être autant un grand show qu'une compétition motos. Pour cette première édition, nous tablons sur 2500 à 3000 spectateurs.»

Rappelons qu'en trial, les motocyclistes doivent traverser chaque zone sans poser le pied à terre (le plus souvent en sautillant sur leur machine). Des pénalités en points sont distribuées. Le pilote qui compte le moins de points au terme de l'épreuve l'emporte. Le but consiste à récompenser les motards les plus habiles techniquement, la vitesse ne jouant aucun rôle.