Dans l'imbroglio provoqué par le système très rigide de billetterie du Mondial (Le Temps du 20 avril), la Fédération allemande de football (DFB) vient de perdre un point devant la justice. Un tribunal de Francfort a en effet donné raison, jeudi, à un amateur de foot qui avait acheté deux billets sur le site internet eBay. Les organisateurs, qui refusaient d'enregistrer le transfert des droits d'entrée, devront procéder à la mutation.

En septembre 2005, un internaute avait acheté, pour le prix de 880 euros, deux billets mis en vente par les organisateurs 110euros en avril de la même année. La DFB, qui avait mis au point un système très strict de billets nominatifs pour éviter le marché noir et contrôler l'entrée d'éventuels hooligans, refusait d'enregistrer le changement de noms, notamment en raison du caractère nettement spéculatif des enchères par Internet. Le tribunal a estimé que la lutte contre le marché noir ne pouvait pas priver le propriétaire d'un billet de tous ses droits. Celui qui, pour une raison ou une autre, ne veut plus ou ne peut plus assister à un match doit pouvoir jouir librement de son billet.

«L'exemple» de Jack Warner

La question du prix n'entre pas en ligne de compte en l'occurrence. Et le refus de la DFB d'enregistrer le transfert viole ainsi les droits fondamentaux du propriétaire qui, à l'époque, n'avait pas d'autre moyen qu'Internet pour rentrer dans ses frais. Toutefois, ce jugement n'a pas valeur de jurisprudence et ne peut être évoqué par d'autres plaignants, a précisé le juge. Car la plainte en question avait été déposée avant la création, en mars dernier, d'une bourse d'échange officielle surveillée par la DFB. Celle-ci a d'ailleurs annoncé qu'environ 2% des possesseurs d'un billet, soit 52650 personnes, avaient, jusqu'ici, demandé un transfert à un nouvel acquéreur ou à un membre de leur famille, et 10000 demandé une revente.

La Fédération internationale de foot (FIFA), qui souhaite lutter contre le marché noir, est loin de donner le bon exemple. Selon l'hebdomadaire Die Zeit, son vice-président Jack Warner, de Trinidad, aurait revendu les billets du contingent de son pays, au prix fort et à travers une agence de voyage appartenant à sa famille. La commission d'éthique de la FIFA s'est bornée à lui adresser un blâme, car le comité exécutif ne peut congédier un membre élu par sa fédération, a expliqué Sepp Blatter à Die Zeit.