La nature a horreur du vide, et le Clasico aussi. Pour ce premier Barça-Real sans Lionel Messi (blessé) ni Cristiano Ronaldo (parti à la Juventus de Turin) depuis 2007, le match au sommet du football espagnol s’est trouvé un nouveau héros: Luis Suarez. L’avant-centre du FC Barcelone a inscrit un triplé et fait endurer un véritable cauchemar à Sergio Ramos, le seul joueur sur le terrain qui avait connu les Clasicos d’avant.

Le Barça a très rapidement ouvert le score par Philippe Coutinho, bien servi par Jordi Alba, laissé libre côté gauche (11e, 1-0). Le show Suarez débutait à la demi-heure de jeu. A la lutte avec le Varane dans la surface madrilène, l’attaquant uruguayen s’effondrait dans la surface. Bien placé mais connaissant la réputation de Suarez, l’arbitre laissa se poursuivre l’action avant de consulter la vidéo: penalty indiscutable, transformé par Suarez (30e, 2-0). La stratégie de contre-attaque mise au point par le Real avait du plomb dans l’aile…

Les Madrilènes parvenaient toutefois à revenir dans le match en début de seconde mi-temps. Marcelo, à l’affût d’un ballon mal dégagé, redonnait espoir à son camp (50e, 2-1). Le Real, où Lopetegui avait remplacé Varane à la pause pour le latéral Vazquez (Casemiro reculant dans une sorte de défense à trois), s’enhardissait et se créait quelques occasions, dont un tir sur le poteau de Modric (56e) et une tête non cadrée de Benzema, pourtant idéalement placé (68e). Bousculé, le Barça se tirait d’affaire sur un centre de Sergi Roberto coupé de la tête par Luis Suarez (75e, 3-1).

Le Real troisième équipe de Madrid

Comme souvent dans le Clasico (les gros scores y sont plus fréquents qu’on l’imagine), celui qui perd pied se noie. Le Real Madrid encaissait deux nouveaux buts dans les dix dernières minutes, encore par Luis Suarez (toujours servi en profondeur par Sergi Roberto, 4-1) puis par Vidal, à la réception d’un centre de Dembélé (87e, 5-1).

Le public catalan pouvait exulter: le Barça reprend la tête de la Liga (10 matchs, 21 points), devant l’Atlético (19 points). Le Real Madrid, lui, se traîne à la neuvième place, avec déjà quatre défaites. Même Getafe, la troisième équipe de la capitale, est mieux classée. Dimanche soir, la presse madrilène annonçait déjà le licenciement de Julen Lopetegui et son remplacement par l’Espagnol Roberto Martinez, l’Italien Antonio Conte ou l’Argentin Santiago Solari. L’entraîneur, lui, répétait qu’il se sentait «toujours la force de continuer» et assurait que «la situation est encore réversible». Les commentaires des journaux, évoquant «un pathétique final», «une tactique «à la désespérée» ou «le Real le plus faible de la décennie», augurent du contraire.