C’est fait. Roger Federer a dépassé Jimmy Connors et occupe désormais le siège du joueur ayant remporté le plus grand nombre de matchs en Grand Chelem. 234 précisément. Sa victoire mercredi face à Adrian Ungur sur le court central de Roland-Garros lui a permis de s’adjuger ce record supplémentaire. Et accessoirement de se qualifier pour le troisième tour des Internationaux de France.

Voilà pour les chiffres. Pour ce qui est du jeu, le numéro trois mondial n’a pas fait la meilleure impression. Et a même perdu un set en route avant de s’imposer (6-3,6-2,6-7,6-3). A sa décharge, le Roumain, 92e joueur mondial, est monté en puissance dès la troisième manche, dévoilant de sérieux atouts comme un efficace revers à une main et une capacité à varier les effets. Au point que le Bâlois pouvait sporadiquement avoir la sensation de jouer contre son double. «C’est bizarre, je dois l’avouer, confiera-t-il. Par moments, je me suis dit: moi je fais ça aussi et là c’est mon adversaire qui me fait les amorties, les slices, le revers à une main long de ligne croisé. Quand je vois sa façon de jouer, je ne sais pas à quel point je l’ai inspiré ou pas. Peut-être pas du tout ou peut-être qu’il m’a beaucoup regardé avant. Dans tous les cas, c’est assez spécial d’affronter ce type de joueur.»

Mais il rappelle qu’à ses débuts, on l’a beaucoup comparé à Pete Sampras. «Parce que j’avais un revers à une main et les mêmes sponsors que lui. On disait que j’étais le «Sampras n° 2». Mais à la fin, tu essaies de te trouver comme joueur. Tu ne veux pas être la copie de quelqu’un d’autre.» Tout dépend des ambitions nourries. Certains ne rechigneraient pas à se voir surnommer «Federer n° 2».

Voilà pour le style. Pour ce qui est de la forme, ce match face à Ungur a laissé le même sentiment que celui du premier tour: Federer ne se déplace pas très bien. Notamment en revers. Son buste paraît monolithique. Son dos le gênerait-il à nouveau? Il prétend que non. A la question «Est-ce que tout va bien physiquement?», posée par un journaliste lors de sa conférence de presse d’après-match, il a répondu: «Oui». Sous-entendu: sujet clos. Personne d’ailleurs n’a osé revenir là-dessus. Une rumeur alémanique fait état d’un problème de hanche… On n’en saura rien pour l’instant.

Il dit s’être senti mieux qu’au premier tour: «C’était un match différent. On sentait que l’adversaire (Ungur) vient de la terre battue. Et même si j’ai gagné le premier set 6-3 avec un break solide, je savais que s’il entrait dans le match, cela pourrait devenir plus difficile. Il comprend très bien la géométrie du terrain.» 234. Au final, c’est la seule chose qu’on retiendra. Provisoirement. 235 n’est pas loin. Vendredi face à Nicolas Mahut?