Descente, super-G, classement général de la Coupe du monde. Stephan Eberharter a d'ores et déjà remporté trois titres, exactement les mêmes que l'an dernier! En s'imposant hier dans le super-G de Kvitfjell, le grand dominateur de la saison a ôté toute équivoque.

Après la course, Eberharter a éclaté en sanglots, puis il est resté prostré quelques minutes dans une cabine, un linge sur le visage pour se protéger des caméras. Son règne, cette saison, a valeur de revanche. Après qu'une blessure l'eut immobilisé durant plusieurs semaines, le colosse a encore subi le retour en grande pompe d'Hermann Maier, son éternel rival et ennemi. Par le passé déjà, Eberharter avait profondément souffert de l'attention dont jouissait, à ses dépens, l'arrogant «Herminator», non seulement dans les médias autrichiens, mais au sein même de la «Wundermanschaft».

Eberharter avait également mal vécu son exclusion des cadres de l'équipe d'Autriche, aux premiers temps de sa carrière. L'homme a gardé de cette période sombre une certaine fébrilité, sinon de l'amertume. «Quand j'ai coulé, j'étais seul. Personne n'est venu à ma rescousse», assène-t-il aujourd'hui à la meute des courtisans.

L'hiver prochain, Hermann Maier reviendra encore plus fort, encore plus déterminé. Il l'a promis. Est-ce une coïncidence? Toujours est-il qu'Eberharter, lui, songe à la retraite. «Je dois y réfléchir ces prochains jours, a-t-il déclaré à l'agence Sportinformation. Après le blanc et le froid, je vais partir au chaud pour voir des paysages verdoyants. Ensuite seulement, je déciderai si je poursuis ma carrière. Pour l'instant, c'est du 50-50.»