Des entraîneurs professionnels pour les gymnastes en herbe dans les centres régionaux, un suivi médical garanti: la Fédération suisse de gymnastique est qualifiée de modèle de formation par Swissolympic. En outre, avec ses 420000 adhérents, dont un tiers de jeunes, elle constitue la plus grande association polysportive du pays.

Pourtant, le dernier exploit des gymnastes helvétiques remonte à mai 2006. Et à la médaille de bronze de Christoph Schärer aux Championnats d'Europe. Les raisons de cette disparité? «En Russie, les athlètes ne font que pratiquer leur sport. En Suisse, nous souhaitons assurer une bonne formation scolaire», expose Felix Stingelin, chef du sport d'élite. De plus, «ne réussissent pas forcément les plus doués, mais ceux qui bénéficient du meilleur entourage. Ma famille m'a conduit à des concours dans toute la Suisse. Sans ce soutien, je n'aurais jamais pu exercer mon sport.»

Pas de salaire

Vice-président, Jean-Marie Donzé soulève le problème financier: «En France, par exemple, l'élite de la gymnastique est soutenue par l'Etat, ce qui n'est pas le cas en Suisse, où, pourvue d'un budget de 2,5 mio à 3 mio, elle est financée par le sport de masse. Les cadres, au nombre de 14 chez les hommes, sont indemnisés. Mais on ne peut pas parler de salaire.» Felix Stingelin d'ajouter: dans ces conditions, «il faut le vouloir, de supporter les douleurs.»