Pour le fan amstellodamois Marco, le «Klassieker» Ajax-Feyenoord serait «extrêmement sous-estimé en Europe». Selon lui, «ce derby est le plus passionnant du monde, déchargeant des décennies d’histoire dans le cœur de chaque spectateur». Réuni, le palmarès des deux clubs représente 47 victoires en championnat, 5 Ligue des champions et 3 Coupes de l’UEFA. Nicholas Piercey, historien spécialiste de la culture footballistique aux Pays-Bas, atteste que «dans les années 1900, Amsterdam et Rotterdam se sont érigés en véritables bastions du football néerlandais. Cette évolution sportive était reliée au développement des deux villes, à leur industrie et leur commerce de première importance.»

Naturellement, ces dynamiques parallèles ont fini par s’entrecroiser. «Une puissante rivalité est née de la divergence des identités, poursuit l'historien. Rotterdam a toujours été vu comme une ville purement industrielle, fière du port le plus important d’Europe, alors qu’Amsterdam est considéré comme un haut lieu de commerce et d’exploration culturelle. Cela a créé beaucoup de tensions durant la première guerre mondiale, les hommes d’affaires de la capitale et les Rotterdamois n’arrivant pas à s’accorder sur les différentes priorités.» Nicholas Piercey souligne que les deux clubs ont toujours bénéficié de grosses subventions afin d'améliorer la réputation de leur ville. «Aux Pays-Bas, le football a toujours été un moyen d’exprimer simplement des identités et des valeurs qui, en réalité, sont assez complexes », conclut-t-il.