Désillusion numéro 4. Ainsi après 2019 à Kosice, 2021 à Riga et en février dernier à Pékin aux JO, la Suisse quitte une compétition majeure dès le stade des quarts de finale. Et comme en Lettonie face à l’Allemagne, elle était favorite de cette partie. Forte de ses sept succès en autant de matchs, la sélection nationale avait le droit d’être ambitieuse. Elle s’est une fois de plus loupée.

Lire aussi: Le premier tour (presque) parfait de la Suisse au Mondial de hockey

Bien sûr, les regards désapprobateurs vont se tourner vers Leonardo Genoni. Surtout en raison du 2-0 américain où il est sorti bien trop tard devant Adam Gaudette, lui qui venait de battre Dominik Egli de vitesse. Avant ce deuxième but, les Helvètes ont concédé l’ouverture du score sur un jeu de puissance américain à la 12e. Et on a le sentiment que les fantômes de Pékin sont venus hanter l’Ice Hall d’Helsinki, puisque c’est le patin de Calvin Thürkauf qui a poussé le puck derrière la ligne de Genoni. A croire que l’autogoal est en passe de devenir une spécialité suisse.

Joueurs empruntés

Les joueurs de Patrick Fischer ont paru plus empruntés que d’ordinaire. Et même s’ils avaient été menés durant ce tournoi, ce premier tiers sans saveur a précipité leur chute. Parce qu’ils ne sont pas parvenus à refaire surface au cours de cette fameuse période médiane que Patrick Fischer avait nommée le tiers du momentum et qu’il considérait comme le petit secret de sa formation.

Hischier & Cie ont pourtant copieusement arrosé la cage de Jeremy Swayman (17-6 dans le deuxième tiers). Timo Meier a attrapé le poteau à la 21e, alors que Denis Malgin, le plus remuant des attaquants suisses avec Damien Riat, s’est offert un joli solo à la 33e.

Patrick Fischer a dû composer avec la blessure – probablement une commotion – d’Enzo Corvi au premier tiers après un contact musclé avec Andrew Peeke. Le Davosien n’est malheureusement pas revenu au jeu et cette absence a contraint le coach à revoir ses lignes. Mais il n’est pas l’heure de chercher des excuses. Pensons simplement que les Américains ont évolué à cinq défenseurs et que c’est l’attaquant (!) Riley Barber qui a rempli le rôle de sixième arrière.

Quid de Fischer?

Non, les Suisses n’ont pas été assez tranchants offensivement. Ils avaient pourtant inscrit près de cinq buts en moyenne lors de la phase de poules. Mais on est en droit d’attendre davantage de Timo Meier, capable de nettoyer des lucarnes en NHL et qui est paru bien maladroit et frustré en Finlande.

Avec sept joueurs de NHL et face à ces Etats-Unis-là, solides mais de loin pas imbattables, les Helvètes avaient tout pour bien faire. Reste la question du sélectionneur. Après six ans à la tête de cette équipe nationale, Patrick Fischer a-t-il atteint son plafond? La question risque fort d’être sur beaucoup de lèvres malgré un contrat valable jusqu’en 2024.