Pour lutter contre le dopage, la Fédération internationale de ski (FIS) prône l'éducation des athlètes et une intensification de la recherche. En même temps, elle se plaint de manquer de moyens, mais elle ne s'empresse guère de les rechercher. Elle veut bien prendre des sanctions contre les tricheurs, mais prétend ne pas en attraper beaucoup. Quoi de plus normal quand son président affirme que, pour lui, la qualité des contrôles prime sur leur quantité? Elle privilégie le contrôle de l'hémoglobine plutôt que celui de l'hématocrite tout simplement parce qu'on lui a vaguement laissé entendre que le premier est plus précis que le second. Enfin, elle se refuse à envisager que d'autres équipes nationales que la Finlande s'adonnent au dopage. Du moins à grande échelle. «La Finlande est un pays isolé, considère Gian Franco Kasper, le président de la FIS. On peut y faire beaucoup de choses sans que cela se remarque à l'extérieur.»

Le discours de la FIS ressemble à s'y méprendre à celui tenu par l'Union cycliste internationale après l'affaire Festina. On retiendra deux choses. Primo, l'organe faîtier du ski mondial n'a pas tiré de leçons de ce qui s'est passé dans le cyclisme. Sinon, il n'aurait pas attendu que le ciel lui tombe sur la tête pour agir. Secundo, il évacue un peu facilement le problème du dopage, en comptant par trop sur le travail de l'Agence mondiale antidopage, seule à même, selon lui, de punir sévèrement les vrais coupables.

Pendant que la FIS se refuse à jouer sérieusement les policiers, les tricheurs, eux, continuent à courir.

Y. T.