Réunir cinq finales lors d’une unique journée à Plan-les-Ouates: c’est le concept que la Fédération suisse de rugby a mis en place pour conclure la saison. Un véritable gala pour célébrer et encourager l’engouement autour d’une discipline qui fait de plus en plus d’adeptes dans le pays. Depuis 2013, le nombre de licenciés a doublé. On en compte aujourd’hui 5000. Cette augmentation s’explique entre autres par la ferveur autour des matches internationaux. Derniers exemples en date: en novembre 2016, à Yverdon-les-Bains, pour la première apparition de la Suisse dans le Rugby Europe Trophy face au Portugal, 2000 spectateurs étaient venus au Stade municipal. En mars, à Plan-les-Ouates, ils étaient le même nombre pour assister au dernier match à domicile du XV à l’Edelweiss contre l’Ukraine.

Le rugby se développe également au sein des clubs, dans le sillage de Servette, qui évolue en France depuis 2014. «Pour le rugby suisse, avoir un club phare à l’étranger ne peut être que bénéfique, même si ce n’est pas le modèle idéal à suivre pour tous», note Veronika Muehlhofer, directrice de la Fédération suisse de rugby.

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Concept existant pour d’autres sport

Stimulée par cet élan de développement, la Fédération a voulu moderniser les finales des championnats nationaux. En faire une véritable fête. Elle a décidé d’introduire un modèle qui fonctionne déjà dans d’autres pays: une journée de gala qui regroupe cinq finales (LNA, LNC plus, M18, M16 et choc entre les champions des deux groupes d’équipes réserves, l’Excellence A et l’Excellence B). Auparavant, ces rencontres se jouaient en plusieurs week-ends dans des lieux différents. Samedi, elles auront lieu les unes après les autres au Centre sportif des Cherpines, à Plan-les-Ouates, de 11h30 à 18 heures.

L’idée de regrouper différentes finales existe déjà dans d’autres sports. Lancée en 2015, la Supercup Indoor Sports réunit champions et vainqueurs de coupes nationales en basketball, handball, volleyball et unihockey en un même lieu et un même week-end. Dans ces sports comme en rugby, l’objectif est simple: attirer les spectateurs et promouvoir ces disciplines. «Nous voulons mettre l’accent sur le rugby suisse pour populariser ce sport dans notre pays», s’enthousiasme Veronika Muehlhofer.

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Un événement amené à devenir un incontournable

D’Yverdon à Zurich, en passant par Würenlos et Genève, équipes et supporters convergeront de tout le territoire vers le bout du Léman. Gilles Martino, président du RC Genève – Plan-les-Ouates, premier club à accueillir cette journée, se réjouit: «Ici, nous avons 130 enfants qui viennent s’entraîner. De plus en plus de jeunes adhèrent à ce sport en pleine expansion.» La candidature de son club a été retenue notamment car il peut disposer de deux terrains. Un luxe dont peu disposent, pour l’heure, en Suisse.

Du côté de la Fédération, les ambitions ne manquent pas. «Nous aimerions donner encore plus de prestige à cette journée», glisse Veronika Muehlhofer. Dès 2018, la finale de LNB ainsi que celle de la ligue féminine pourraient être ajoutées au programme. L’événement est amené à devenir un incontournable pour les amateurs de ballon ovale dans le pays. Un repas de gala et des «Swiss Rugby Awards», pour récompenser les meilleurs joueurs, sont même envisagés, sur le modèle de ce que font déjà le football ou le volleyball. En s’inspirant de ce qui marche dans d’autres sports, la Fédération cherche à transformer l’essai de l’engouement populaire.