«Quand on est supporter de Young Boys, on sait pertinemment que chaque fois qu'ils peuvent faire quelque chose de bien ils perdent. C'est comme ça...» Ancien patron des CFF et partisan à vie des «jaune et noir», Benedikt Weibel résume à sa manière les dures conditions de vie que doivent supporter tous ceux qui aiment YB.

Renaître à l'ambition

Le club de la capitale compte tout de même un palmarès fort respectable - onze titres de champion et six Coupes de Suisse; mais il y a belle lurette qu'on n'a pas trouvé matière à sabrer le champagne, puisque le dernier titre national remonte à 1986, suivi d'une victoire en Coupe l'an d'après. Depuis, plus rien si ce n'est une plongée financière et deux allers-retours humiliants pour la Ligue nationale B au tournant du millénaire.

Il fallut attendre l'inauguration du Stade de Suisse en 2005 pour que Young Boys, qui fut un beau jour de l'an 1959 demi-finaliste de la Coupe des champions, renaisse enfin à ce qu'on appelle l'ambition. Mais comme chacun sait, cette dernière s'accompagne souvent de querelles intestines et autres luttes de pouvoir.

«Davantage de constance et de tranquillité»

«Le club a longtemps connu trop de bouleversements et de changements au niveau des dirigeants et de l'équipe pour espérer s'installer durablement en haut de tableau», estime Marco Schällibaum, entraîneur d'YB entre 1999 et 2003. «Depuis deux saisons, j'ai le sentiment qu'ils travaillent davantage dans la constance et la tranquillité.»

L'arrivée de Martin Andermatt à la tête de l'équipe, en octobre 2006, a abouti à une ligne directrice concernant les affaires du terrain. Dans les coulisses, en revanche, tout n'est pas toujours très limpide. Les interférences entre les investisseurs de la société du Stade de Suisse et les dirigeants du club brouillent les pistes. Qui paie quoi et combien? Qui endosse quelles responsabilités? Qui prend les décisions? La réponse dépend parfois de l'interlocuteur à qui on s'adresse.

En janvier dernier encore, les investisseurs Urs Meile, Michael Bona et Peter Jauch ont vendu leurs parts à Benno Oertig, Fritz Bösch et aux frères Hans-Ueli et Andy Rihs - ce dernier, patron de Phonak, est décidément partout. La nouvelle donne accouchera peut-être un jour d'une certaine continuité. En attendant, qui peut dire ce qui se trame exactement en haut lieu? Le budget? Officiellement autour des 17 millions. Officieusement, il a fallu une bonne rallonge à fin 2007 pour combler les efforts consentis en termes de recrutement.

«Vivre avec le succès»

Personne, dans l'entourage du club, n'a fait de la conquête du titre un impératif dès cette saison. Mais à terme, il est évident que l'impatience ne tardera pas à gagner les rangs. Alors, pourquoi attendre? «Nous devons apprendre à vivre avec le succès», prophétise Stefan Niedermaier, patron de la société du Stade de Suisse et membre du conseil d'administration des Young Boys.