En cette année sans Jeux olympiques ni grande compétition de football, le sport se décline en championnats du monde. Ceux d’athlétisme, quatre ans après Osaka 2007, retournent en Asie et prendront la Corée du Sud pour décor. Deagu, plus précisément. Du 27 août au 4 septembre, les maestros du sprint, du demi-fond, des haies, du saut en longueur ou en hauteur, de la perche ou du javelot tenteront de briller et d’ébranler les records afin de perpétuer la portée planétaire de ce sport universel.

Comme aux Mondiaux 2009 à Berlin, il en est un qui devrait cristalliser toutes les attentions: Usain Bolt. Après une année 2010 perturbée par des blessures, le prodige jamaïcain prépare son retour. Et pense ne pas avoir dit son dernier mot en termes de chrono. Or si l’on en croit une récente étude présentée par Geoffroy Berthelot de l’institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport de l’INSEP, le retour sur piste du triple recordman du monde et champion olympique pourrait être retentissant. Cette étude, se basant sur la moyenne des résultats obtenus par les meilleurs sprinteurs mondiaux entre 1980 et 2009, avance l’hypothèse que 25 ans est l’âge moyen auquel un sprinteur réalise ses meilleurs temps. Et en tire la conclusion suivante: Usain Bolt, qui fêtera ses 25 ans en 2011, devrait profiter de l’année à venir pour améliorer son record du monde du 100 m, momentanément figé à 9’’58. Et pourquoi pas celui du 200 m, abaissé à 19’’19 à Berlin, alors que les experts avaient prédit longue vie à son chrono de 19’’30 des JO de Pékin. Jusqu’où peut-il aller? La question permet à l’athlétisme, en crise identitaire après les scandales du dopage et la chute de plusieurs de ses étoiles, d’irradier à nouveau. Mais elle lui fait aussi de l’ombre, réduisant un peu trop l’athlétisme au sprint et occultant les autres champions.