L'axe de la défense helvétique devient décidément, à dix jours du France- Suisse, un thème central. Car il s'agit sans doute du dernier secteur de jeu à propos duquel Köbi Kuhn se tâte encore. Entre Patrick Müller, membre basique de la Nati depuis des années, et Johan Djourou, néophyte tout sourire et gonflé d'enthousiasme, qui le sélectionneur choisira-t-il pour épauler l'indiscutable Philippe Senderos? Avant le Suisse- Chine de samedi à Zurich (17h30), dernière rencontre de préparation avant le départ pour l'Allemagne, la question taraude les esprits. A commencer, peut-être, par celui de Patrick Müller, visiblement remis de sa blessure à la cheville droite.

«Je ne m'inquiète pas, assure le Genevois. C'est grâce à la concurrence qu'une équipe peut aller de l'avant. Je n'ai pas été surpris par le très bon match de Senderos et Djourou (ndlr: mercredi face à l'Italie). D'ailleurs, toute l'équipe a très bien joué. Au coach de prendre ses décisions.» Le joueur de Lyon, crème humaine, n'exprimera aucun mauvais sentiment. Mais il a l'attitude de celui qui sent le vent tourner.

Johan Djourou, lui, resplendit malgré une contusion aux côtes douloureuse mais sans gravité. Brillant pour sa première titularisation face aux Transalpins - il avait joué la 2e mi-temps en mars dernier à Glasgow -, le coéquipier de Senderos à Arsenal ne boude pas son plaisir, mais reste calme. «Les critiques seront peut-être plus méchantes envers moi dans quelque temps», rigole-t-il avant de poser sa candidature officielle. «Connaître l'équipe de Suisse à 19 ans, c'est déjà pas mal. Maintenant, j'espère avoir montré que j'avais les qualités pour être sur le terrain. Je suis prêt à évoluer n'importe où. Dès le moment où je joue, je suis heureux.»

Une option consisterait à le déplacer sur le flanc droit de la défense, où tant Valon Behrami que Philipp Degen ont fait preuve d'étourderie. «Johan est un homme de milieu», balaie Köbi Kuhn, confirmant ce que pense depuis longtemps l'entraîneur d'Arsenal Arsène Wenger. Le jeune Djourou, qui se profile très nettement en vue de l'Euro 2008, aimerait bien brûler les étapes. Le «vieux» Müller - 29 ans - s'accroche. Qui sera sur le terrain le 13 juin pour contrer Thierry Henry, attaquant vedette... d'Arsenal?

Comme à son habitude, le sélectionneur national ne dira rien jusqu'au dernier moment. Et la rencontre amicale de ce samedi ne devrait pas livrer beaucoup d'enseignements sur la question. En l'absence de Senderos (légère contracture à la cuisse gauche), Müller et Djourou pourraient même évoluer ensemble pour la première fois. A moins que Stéphane Grichting, très bon samedi dernier devant la Côte d'Ivoire et quatrième homme à pouvoir briguer l'un des deux postes en défense centrale, ne profite de leurs bobos respectifs... «Une Coupe du monde, c'est long. Dans un tournoi comme ça, entre les blessures et les suspensions, il faut toujours être prêt à jouer», rappelle le défenseur central de l'AJ Auxerre.