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Le champion russe Alexander Legkov, réhabilité par le Tribunal arbitral du sport ce jeudi 1er février.
© Dmitry Lovetsky

Dopage

A une semaine des Jeux, un camouflet pour le CIO

Le Tribunal arbitral du sport a annulé la plupart des sanctions prises en fin d’année dernière à l’encontre d’athlètes russes. Un coup porté au sport propre, dénoncent plusieurs voix

Le Comité international olympique avait frappé un grand coup, en fin d’année dernière, en suspendant à vie 43 athlètes russes soupçonnés d’avoir profité du système de dopage institutionnalisé dans leur pays. A une semaine du début des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, l’instance s’est pris un douloureux retour de bâton jeudi: le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, a levé la suspension à vie qui frappait 11 athlètes, tout en maintenant leur interdiction de participer aux JO 2018, et totalement annulé les sanctions prononcées contre 28 autres.

La plus haute autorité de justice sportive a estimé que les preuves étaient «insuffisantes» pour établir des cas de dopage. «En théorie, certains de ces 28 sportifs […] peuvent prétendre à une participation aux JO de Pyeongchang. Elle devra au préalable être soumise à un panel du CIO», a précisé un porte-parole du TAS.

«Une mauvaise nouvelle pour le sport mondial»

La réaction du CIO ne s’est pas fait attendre très longtemps: «La décision du TAS ne signifie pas que des athlètes, parmi le groupe des 28, seront invités aux Jeux. Ne pas être sanctionné ne confère pas automatiquement le privilège d’une invitation.» Dans ce contexte, il est important de noter que le TAS «insiste sur le fait que sa décision ne signifie pas que les 28 athlètes sont déclarés innocents», note le CIO.

Dans un texte virulent, le CIO regrette la nature de la décision du Tribunal arbitral du sport – qui n’aurait selon lui pas pris en compte l’existence avérée d’une manipulation organisée du système antidopage – autant qu’il craint ses conséquences et son potentiel «sérieux impact sur la lutte contre le dopage à l’avenir».

Pour le CIO, il s’agit d’un camouflet certain. Mais l’instance n’est pas seule dans sa frustration. «C’est vraiment une mauvaise nouvelle pour le sport mondial, a déploré le patron de la Fédération des sports allemands (DOSB) Alfons Hörmann. Cela démontre de nouveau combien il est difficile d’imposer devant les tribunaux des sanctions dures et méritées en matière de lutte contre le dopage.» L’avocat américain du lanceur d’alerte russe Grigory Rodchenkov estime lui aussi que la décision du TAS «encourage les tricheurs».

«Aucun système, aucune manipulation»

Naturellement, les réactions sont d’un tout autre ordre en Russie. Les accusations de dopage organisé «ont été tout simplement démenties […] et on peut dire qu’il n’y a eu aucun système, aucune manipulation durant les Jeux olympiques de Sotchi», a réagi le vice-premier ministre russe chargé des Sports Vitali Moutko. D’autres officiels se sont réjouis que les noms de leurs sportifs aient pu être lavés devant un tribunal, en attendant de savoir s’ils allaient pouvoir être de la partie à Pyeongchang.

Pour l’heure, la décision du Tribunal arbitral du sport bouleverse une nouvelle fois les résultats des Jeux olympiques de Sotchi. Les Russes s’étaient vu retirer 13 des 33 médailles initialement remportées sur les bords de la mer Noire. Ils en récupèrent neuf et retrouvent la tête du tableau final qu’ils avaient perdue au profit de la Norvège.

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© JOHN MACDOUGALL