L’Euro 2012 cristallise déjà les esprits, parieurs ou non. La Suisse n’en sera pas. Son sélectionneur Ottmar Hitzfeld, toutefois, prêtera un œil attentif à la compétition. «Je ne me rendrai ni en Pologne ni en Ukraine», a confié l’entraîneur lors d’une table ronde, lundi à Berne. «Mais je suivrai la compétition de près à la télévision, et je me réjouis de voir quelles seront les tendances qui s’imposeront.»

Bien que l’escouade helvétique ne soit pas qualifiée, elle se prépare à deux matches amicaux, le premier ce samedi contre l’Allemagne, le second le mercredi 30 mai face à la Roumanie. «Cette deuxième partie est la plus importante à mes yeux», estime Hitzfeld. «Nous serons favoris et aurons quelque chose à perdre en termes de prestige et de confiance en nous. Contre l’Allemagne, nous aurons en revanche le rôle de l’outsider. Il s’agira d’être très appliqué défensivement.» Le coach souhaite toutefois que l’équipe soit portée par son jeu naturel, et tente des développements offensifs. «Comme nous l’avons fait contre l’Argentine, bien que ce match se soit soldé par une défaite», précise-t-il.

Le sélectionneur de l’équipe de Suisse ne forgera donc pas un «plan Roberto Di Matteo», du nom de l’entraîneur qui est parvenu à porter Chelsea vers la victoire en Ligue des champions grâce à une tactique doublement bétonnée. «C’était une tragédie pour le Bayern Munich», confie le technicien allemand. «Lorsque vous disposez de plus de potentiel, des meilleurs joueurs, que vous présentez une stratégie offensive et que vous dominez pareillement, que ce soit en termes de tirs au but ou de coups de coin, perdre est un calvaire. Ma foi, Di Matteo a utilisé la tactique la plus proche des moyens qu’il avait à disposition.»

Les Bavarois croyaient pourtant tenir leur sacre après le but de Thomas Müller à la 83e minute. C’était compter sans le puissant coup de tête de Didier Drogba, cinq minutes plus tard. Ottmar Hitzfeld connaît ce sentiment amer, celui de voir une victoire s’envoler au plus près du dénouement. En 1999, à la tête de ce même Bayern Munich, il avait assisté, impuissant, au renversement de situation né des réussites de Teddy Sheringham et d’Ole Gunnar Solskjaer dans les arrêts de jeu. Manchester United l’avait emporté 2-1. «J’y repense souvent, comme tous ceux qui l’ont vécu je suppose», admet-il. «Mais pour le Bayern d’aujourd’hui, la désillusion est encore plus crue dans la mesure où il était clairement le favori, et la meilleure équipe sur la pelouse. Il est passé proche de trois titres et se retrouve les mains vides.»