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The Football Business Academy à Genève aspire à former la future élite du football. Soit des dirigeants de clubs, des professionnels appelés à occuper des postes à responsabilités au sein des fédérations sportives, ou encore des managers.
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Management

Une université du football ouvre ses portes à Genève

Le nouvel établissement, spécialisé dans les métiers du ballon rond, dit s’être calqué sur le modèle de l’Ecole hôtelière de Lausanne. Avec pour axes prioritaires: le numérique et l’ouverture des stades aux femmes

Genève abrite depuis mi-avril une nouvelle start-up dédiée à l’industrie du ballon rond. Soit la première école privée du canton aspirant à former la prochaine élite des clubs, des fédérations sportives du secteur ou encore des managers de joueurs. Son nom: The Football Business Academy (The FBA).

Lire aussi: Le football, nouveau terrain de jeu pour les investisseurs superriches

«Nous n’avions pas pour objectif d’ouvrir une entité autonome, confie Dorian Esterer, cofondateur de l’établissement. Au départ, nous souhaitions adosser notre programme à une université existante. Mais les facultés que nous avons approchées avaient toutes pour prérequis de nous imposer 50% de leurs professeurs.» Une contrainte incompatible avec le modèle d’affaires mûri durant 24 mois par le Genevois de 28 ans. «Notre pari n’est pas académique, stricto sensu, poursuit cet ancien de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). L’objectif est avant tout l’employabilité de nos étudiants, grâce à des enseignants justifiant d’une véritable expérience de terrain.»

Une écurie pour futurs dirigeants

Née de l’effort de huit passionnés de ballon rond, The FBA décline son programme sur douze mois. Jusqu’à l’obtention d’une maîtrise professionnelle, correspondant à 60 crédits ECTS, via un parcours dynamique calqué sur le modèle de l’EHL, mêlant formation à distance, cours à l’université du bout du Léman et module d’immersion sur la pelouse, les vestiaires et les bancs de touche du Stade de Genève. Son prix: 30 000 francs, sans le rabais de 2500 francs pour les candidats disposant déjà d’un logement dans la région.

Soit un tarif parmi les plus bas du marché. A titre de comparaison, les campus concurrents comme l’International Football Business Institute de Bruxelles (plus de 53 000 francs l’année académique), ouvert fin 2016, le FIFA Master (jusqu’à 55 000 francs), l’Université de Liverpool (environ 40 000 francs pour un MBA) ou le Johann Cruyff Institute (quelque 8000 francs par module, tous sports confondus). Littéralement pris d’assaut, certains cours peineraient aujourd’hui à répondre à la demande, en raison d’effectifs limités à une trentaine d’élèves en moyenne par session.

Pèlerinage parmi les stars

«Notre cursus met l’accent sur les stages, le réseautage et l’expérience opérationnelle, afin de mettre un pied dans le milieu et surtout de s’y faire remarquer», résume Dorian Esterer. Exemples: développer un projet stratégique confié par l’un des partenaires de l’école, comme le club mexicain Chivas de Guadalajara, développer son carnet d’adresses en participant aux salons d’affaires organisés par Soccerex, ou encore étoffer ses connaissances pratiques lors de pèlerinages à la FIFA, à l’UEFA, au sein du Real de Madrid, auprès de la Juventus et encore Manchester United.

Le public cible de The FBA? Les bachelors âgé(e)s entre 25 et 35 ans, dont le niveau d’anglais est certifié. Le processus de sélection, ouvert le mois dernier, comprend un entretien via Skype. «Nous avons pour l’heure trois inscriptions confirmées, soit des profils solides détenant déjà un titre post-académique dans le sport, et une quantité grandissante de dossiers à trier jusqu’au 31 juillet», confie Dorian Esterer. Le nouveau cursus genevois débute en septembre prochain.

Parmi les axes prioritaires du programme: l’histoire du ballon rond et son avenir, le numérique (applications pour le suivi personnalisé des fans, capteurs de performances de joueurs, développement d’e-leagues, essor de tournois électroniques, gestion des données de masse, etc.), ainsi que la promotion des femmes dans le foot. «On ne dénombre à ce jour qu’environ deux millions de joueuses enregistrées en Europe. Mais il est prévu d’investir plus de 315 millions de francs ces dix prochaines années pour doper la participation féminine mondiale à 60 millions de personnes d’ici à 2026», précise Dorian Esterer.

A l'heure des requins des stades

La cheville ouvrière de The FBA estime toutefois que l’industrie du football a grandi trop vite, oubliant au passage certaines règles de conduite. «C’est une nébuleuse de métiers-passion qui s’est rapidement mondialisée. Son rythme de croissance annuel a été d’environ 8% ces deux dernières décennies. Il génère aujourd’hui un chiffre d’affaires estimé à plus de 20 milliards de francs par an», indique Dorian Esterer. Et ce dernier de déplorer: «Il y a eu des erreurs de parcours, comme le FIFAgate. Rien que ces douze dernières années, le Servette FC a à trois reprises frôlé ou connu la faillite [ndlr: la période de Marc Roger de 2005, suivie de la phase trouble de Majid Pyhsyar, puis de l’ère Hugh Quennec], jusqu’à ce que la nouvelle direction actuelle ne reprenne les affaires en main, contrairement à ses prédécesseurs.»

The FBA entend renouer avec l’éthique dans le milieu, encore trop souvent fréquenté par des requins. «Il faut davantage professionnaliser l’encadrement du foot, ce qui passe par l’éducation des nouvelles générations», conclut son cofondateur.

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