Lance Armstrong a repoussé sèchement l'offre de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Pierre Bordry, son président, avait proposé d'offrir au septuple vainqueur du Tour de France le moyen de faire taire les rumeurs sur son dopage à l'EPO, lors de sa première victoire sur le Tour en 1999, en faisant analyser des échantillons d'urine restants par le laboratoire de Châtenay-Malabry. Preuves à l'appui, l'accusation avait été lancée par L'Equipe au lendemain de la dernière victoire du Texan sur le Tour, en 2005.

Face à ce refus, l'AFLD dit avoir tourné la page sur cette affaire. «Armstrong est un grand champion, explique Pierre Bordry. C'était une façon de lui trouver une porte de sortie face à toutes ces rumeurs. S'il ne veut pas, on n'en parle plus. Le laboratoire n'a pas que ça à faire.» Dans sa réponse, Armstrong a été clair. «Il n'y a absolument rien en quoi je puisse être d'accord qui pourrait fournir des preuves tangibles quant au Tour 1999», explique, dans un communiqué, l'Américain, qui vient d'annoncer son retour à la compétition à l'âge de 37 ans. «Les échantillons des Tours de France 1998 et 1999 n'ont pas été conservés correctement. Il y a trois ans, leur analyse n'avait pu fournir de résultats probants.» Même en cas de positivité, l'Américain ne pourrait en aucun cas être sanctionné pour dopage, le délai de prescription de huit ans étant dépassé.

A l'AFLD, on n'est absolument pas d'accord avec les excuses données par Armstrong. Ces échantillons ont été conservés par le laboratoire en application d'une décision de justice de 2006. «Il conteste la bonne conservation des échantillons, mais ce n'est pas l'avis du directeur des analyses, proteste Bordry. Ni lui ni ses proches ne sont allés vérifier au laboratoire. Maintenant, j'arrête avec ce personnage.»

Dans la perspective de son retour, Armstrong s'est réinscrit sur les listes du passeport biologique depuis le 1er août, a fait savoir l'Agence américaine antidopage (Usada). Ce qui ne lui donne pas, selon les règles de l'Union cycliste internationale (UCI), le droit de disputer sa première course en Australie début janvier, comme il l'avait prévu. Le règlement de l'UCI stipule qu'un coureur doit notifier six mois à l'avance sa décision de retour, afin d'être prêt à se soumettre durant cette période à des contrôles inopinés. Armstrong affirme avoir déjà été contrôlé chez lui courant août et espère toujours la clémence de l'instance internationale. Argument de peu de poids, puisqu'à l'époque il n'avait pas officiellement annoncé son retour.

En attendant, l'examen de certains échantillons douteux du dernier Tour, ordonné par l'AFLD, a débuté. «Nous avons commencé lundi dernier en utilisant deux méthodes, dit Bordry. La détection par focalisation isoélectrique de l'EPO, à Châtenay-Malabry, et par recherche d'anticorps, au labo de Lausanne.» Des résultats positifs pourraient bien rejeter l'Américain au second plan.