Usain Bolt: l’or, comme prévu

«Je vous avais dit que je le ferais.» En conférence de presse, Usain Bolt n’a pas boudé son plaisir. Sur la piste, peu avant, le Jamaïcain était entré dans l’histoire en devenant le premier athlète à remporter trois médailles d’or olympiques de rang dans la discipline reine, le 100 m. Après Pékin et Londres, Rio. Après le 100 m viendra le 200 m (mardi), puis le 4x100 m; les deux autres spécialités où il reste sur deux titres consécutifs. Son objectif est limpide: réaliser le triple triplé. «Quelqu’un a dit l’an passé que si je le faisais, je deviendrais immortel. Alors deux médailles de plus et ce sera fait: immortel.»

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En attendant, Usain a bluffé son monde dans le plus pur style Bolt lors de la finale du 100 m. Son temps de réaction a été le moins bon des huit concurrents, son départ a été poussif. Mais son accélération lui a permis de revenir sur Justin Gatlin et de parcourir les dix derniers mètres seul en tête. Les longues foulées, la fluidité, tout y était. L’éclair. Le chrono a affiché 9''81. C’est loin du record du monde qu’il détient (9''58) mais suffisant pour remplir son contrat.


Wayde van Niekerk: l’or, comme prévu (par Usain Bolt)

Usain Bolt ne s’est pas contenté de voir sa propre prophétie réalisée, dans la nuit de dimanche à lundi, à Rio. Le Jamaïcain avait également prédit la victoire de Wayde van Niekerk sur 400 m et son record du monde. Au printemps, le Sud-Africain s’est entraîné en Jamaïque avec la star mondiale de l’athlétisme. Et l’Eclair le lui avait dit: «Tu vas battre le record du monde.» Pas une mince affaire: la marque de Michael Johnson – 43''18 – tenait depuis 17 ans. Van Niekerk l’a effacée en 43''03 pour remporter son premier titre olympique à 24 ans.

Le bonhomme est un phénomène du sprint. Champion du monde 2015 sur 400 m, il est le seul athlète de l’histoire à avoir couru un 100 m en moins de 10 secondes, un 200 m en moins de 20 et un 400 m en moins de 44. Pendant qu’Usain Bolt s’échine à écrire le dernier chapitre de son incroyable histoire, le Sud-Africain représente l’avenir. «Je n’ai jamais rien vu de pareil, a souligné, beau joueur, Michael Johnson. C’est fou. Il les a massacrés. Il peut descendre sous les 43 secondes.»


Andy Murray: après Londres, Rio

Juan Martin Del Potro n’a pas pu aller au bout du rêve. Le revenant argentin, tombeur de Novak Djokovic au premier tour du tournoi et de Rafael Nadal en demi, a dû s’avouer vaincu dimanche en finale, à Rio, contre Andy Murray (7-5 4-6 6-2 7-5). Le Britannique devient le premier joueur de tennis de l’histoire, femmes et hommes confondus, à conserver son titre olympique. Il s’était imposé en 2012 à Londres. En la matière, le numéro 2 mondial éclipse ses camarades du quatuor qui domine le tennis masculin depuis des années.

L’Ecossais a reconnu avoir disputé là une de ses grandes finales les plus difficiles. Le public était plutôt du côté de son adversaire, 141e mondial après deux saisons quasi blanches en 2014 et 2015, et trois opérations du poignet. «L’argent, cela équivaut à l’or pour moi. Je m’en souviendrai toute ma vie», a-t-il affirmé après être resté quelques minutes, drapeau argentin sur les épaules, sur le court pour remercier ses supporters.