Cent mètres tout au plus. Jamais l’horizon n’a été aussi proche, mais cela nous importe peu. On le contemple comme s’il marquait la limite du monde, comme si nous avions les pieds dans le sable et comme si les vagues qui déferlent devant nous provenaient des entrailles de l’océan. Au-delà de cette ligne pourtant, c’est la vallée du Rhône, son autoroute, ses agglomérations et ses montagnes qui s’étendent. Avant elle, autour de nous, sur 8000 m², c’est un monde rêvé, une utopie qui s’inscrit dans la réalité.

Le vent s’est levé sur la terrasse d’Alaïa Bay, dans la banlieue de Sion. Nos cheveux sont encore mouillés, notre peau sent le néoprène. Devant la piscine azur, nous sommes encore pieds nus et nous n’avons qu’une envie: retourner sur notre planche, réessayer et finalement dompter l’onde d’eau qui s’est inlassablement reproduite à l’identique, depuis le même endroit, dans le même bassin, pendant une heure pile. En soixante minutes, nous avons pu prendre dix, quinze, nous ne savons plus, mais beaucoup de vagues. Nous avons progressé, adopté l’attitude du surfeur, oublié l’autoroute et même eu du plaisir.