Vainqueur de l’OM, Paris libéré mais Paris martyrisé

Football Le PSG gagne au Vélodrome mais perd deux joueurs avant huit jours décisifs

Le football demeure le plus imprévisible des sports. En témoigne le match de folie dimanche à Marseille entre l’OM et le Paris Saint-Germain (PSG). La victoire du PSG (2-3) n’est pas une immense surprise; même Marcelo Bielsa, l’entraîneur de l’OM, l’a jugée «conforme» au déroulement de la partie. Mais qui aurait pu prédire que Blaise Matuidi, le milieu défensif gaucher du PSG, marquerait un but d’artiste du pied droit? Que «Dédé» Gignac volerait la vedette à Zlatan Ibrahimovic? Que Laurent Blanc, malgré la victoire, ferait grise mine en quittant le Vélodrome avec deux joueurs majeurs – David Luiz et Thiago Motta – blessés? Qui, enfin, aurait imaginé que ce «Classico» à la française volerait la vedette aux autres affiches du week-end, Arsenal­Liverpool, Dortmund-Bayern, et même au quintuplé de Cristiano Ronaldo?

Le football français s’est offert une superbe vitrine pascale en clôture d’une journée de Ligue 1 d’une inhabituelle prodigalité (37 buts). Le choc OM-PSG, une rivalité artificiellement construite par Bernard Tapie et Canal + dans les années de braise et reposant plus souvent sur la rivalité «Paris contre Province» que sur une lutte pour le titre, fut un vrai sommet. Une opposition de style, entre la fougue marseillaise et la maîtrise parisienne. L’entraîneur en survêtement (Bielsa) contre le coach en costume-cravate (Blanc), la générosité contre l’intelligence, le cœur contre la raison.

Beaucoup d’observateurs soulignaient qu’une victoire à Marseille lancerait idéalement le PSG dans un mois d’avril de folie, avec huit matches à jouer entre le 5 et le 28, dont quatre décisifs. Paris a gagné mais a beaucoup perdu, avec la blessure de son joueur le plus sanguin, David Luiz, et celle de son joueur le plus «froid», Thiago Motta. Les deux Brésiliens (Motta joue toutefois pour l’Italie) manqueront la demi-finale de Coupe de France mercredi 5 contre Saint-Etienne, la finale de la Coupe de la Ligue samedi 11 contre Bastia et le quart de finale aller de Ligue des champions contre le Barcelone le mercredi 15.

Les Français contre le PSG

Confronté aux douze travaux d’Hercule, le PSG aimerait pouvoir compter justement sur Hercule, Zlatan Ibrahimovic (1 m 95, 90 kg). Mais là où Bielsa ne prend pas de gant pour aiguillonner Gignac, Blanc manie l’ombrageux Suédois avec moult doigté. Selon la presse de son pays, «Ibra» a fait une demande de visa permanent pour les Etats-Unis. Si la star du PSG entend promener son chignon sur les pelouses de MLS, il lui faudra courir davantage que dimanche. Au petit trot, sa seigneurie a perdu 21 ballons sur 42.

Certes, il est passeur décisif sur l’égalisation de Marquinhos (en glissant au moment de frapper son coup franc) et a poussé Morel au contre-son-camp sur le but de la victoire. Mais son match décevant ne fera pas changer d’avis ceux qui, comme Gilbert Gress, pensent que «sa suspension contre le Barça est une chance pour Paris». Pour ce quart de finale très attendu, les Franciliens ne pourront guère compter sur l’union nationale. Selon un sondage OpinionWay pour Stade 2, 73% des Français «ne soutiendront pas» le PSG contre Barcelone. A l’unisson, la Ligue nationale a refusé tout aménagement du calendrier.