Toutes les médailles olympiques sont belles. Et parfois plus encore lorsqu’elles sont inespérées. Celle d’or, décrochée lundi par Dario Cologna sur le 15 km style libre, est tout simplement prodigieuse. Le Grison avait déjà montré en Coupe du monde qu’il avait l’étoffe des plus grands. Mais ce qu’il a fait à Whistler, pour sa première participation aux Jeux olympiques, est tout simplement extraordinaire. Le prodige entre dans le gotha de la discipline, quasi en brûlant les étapes.

Jamais, dans l’histoire du ski nordique suisse, l’or n’avait récompensé un « fondeur ». Tous ceux qui ont vécu de longue date ce sport si beau et si exigeant aux travers des commentaires de Vico Rigassi (à la radio) et de Boris Acquadro ( à la TV) - ou plus encore en le pratiquant en compétition - savent l’énorme valeur de cet exploit, de cette médaille. Depuis Sapporo et le relais par équipe (bronze) et Calgary avec la médaille de Andy Grunenfelder sur le 50 km, - les deux précédents chefs d’œuvre - les fondeurs suisses ont parfois tutoyé les sommets, rivalisé avec les grandes nations nordiques ou ex-soviétiques, mais il a toujours manqué cet once de talent supplémentaire, cette sérénité, ce mental mais ausssi ce toucher de neige qu’a Dario Cologna. Et Dieu sait que la Suisse a eu dans son histoire de très bons coureurs grisons ou hauts-valaisans.

En dominant avec ce brio et cette intelligence de course tous ses adversaires, le Grison a offert à la Suisse et aux passionnés de fond l’une des plus belles pages de compétition. Comme le garçon n’a que 23 ans, d’autres épisodes suivront. Y compris peut-être collectivement. Car lundi les fondeurs suisses, dans le dynamisme et la confiance que dégage Cologna, ont réalisé une performance d’ensemble propre à décrocher une médaille surprise.