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Valon Behrami s’apprête à disputer sa quatrième Coupe du monde.
© FABRICE COFFRINI/AFP

Coupe du monde 2018

Valon Behrami: «J’aimerais effacer certains souvenirs de mes Coupes du monde»

En Russie, Valon Behrami disputera son quatrième Mondial. Un record national qui illustre le changement de statut de l’équipe de Suisse sur la scène internationale

Heinz Hermann a été sélectionné 118 fois en équipe de Suisse, un record, mais il n’a jamais disputé la Coupe du monde. Alain Geiger (112 capes) et Stéphane Chapuisat (103) ont dû se satisfaire de ne participer qu’à la seule World Cup américaine. Valon Behrami, lui, n’a porté le maillot de la Nati qu’à 79 reprises mais il s’apprête, en Russie, à disputer le sixième grand tournoi de sa carrière. Sa quatrième Coupe du monde.

Parvenir à un tel palmarès avec un passeport suisse a longtemps relevé de l’utopie farfelue, mais les temps ont changé: davantage d’équipes participent à l’Euro et au Mondial, et la qualification de la Nati ne passe plus pour un exploit mais pour une habitude. Mais le milieu de terrain de 33 ans est là pour rappeler aux plus jeunes que ces instants restent spéciaux dans une carrière, comme il nous l’a expliqué hier à Togliatti.

Lire aussi: Les 23 Suisses pour la Coupe du monde en Russie

Vous allez disputer votre quatrième Coupe du monde. Qu’est-ce que cela représente pour vous?

C’est particulier, car dans mon esprit, je n’ai pas vraiment joué tous ces tournois. La Coupe du monde 2006 en Allemagne, j’étais un enfant et je ne suis entré sur le terrain que deux minutes contre la Corée du Sud. L’édition suivante, en 2010 en Afrique du Sud, correspond sans doute au moment le plus pénible de ma carrière, avec le carton rouge que je prends contre le Chili et notre élimination. Quand je suis rentré en Suisse, je ne pouvais pas sortir de chez moi tellement je broyais du noir. Ces moments m’ont fait grandir comme homme, mais comme footballeur, j’aimerais pouvoir en effacer les souvenirs…

Il y a aussi eu de bons moments?

Bien sûr. Chaque grand tournoi apporte son lot d’émotions fortes. Je préfère me rappeler les plus positives, comme la Coupe du monde 2014 au Brésil, où nous avons bien joué, où l’équipe m’a rendu fier, ou l’Euro 2016 en France, que j’ai abordé sans pression, pour le plaisir.

Quelle est la clé pour se relâcher?

C’est le privilège de l’âge. Cela fait quinze ans que je suis footballeur professionnel et j’aborde ces échéances avec plus de facilité. Plus jeune, une semaine avant un match important, je commençais à ressentir la pression monter. Maintenant, je suis tranquille. Je sais que dimanche, au moment d’affronter le Brésil, je me mettrai mentalement dans le match cinq minutes avant le coup d’envoi, cela me suffit. Ainsi, je perds moins d’énergie.

Qu’apprend-on avec l’expérience de ces grands tournois?

Il y a des joueurs qui sont supers dans le vestiaire, qui jouent très bien au ballon, pas de problème. Mais quand arrive un grand tournoi, il y a des émotions supplémentaires à encaisser, la pression d’un grand public et de nombreux journalistes qui écrivent que tu as bien joué ou pas du tout, et il faut être prêt pour cela, pour ne pas stresser. C’est un domaine où je peux aider mes coéquipiers plus jeunes.

Quelle est l’importance d’une bonne cohabitation dans la réussite d’un tournoi?

Elle est essentielle. En Afrique du Sud, ce n’était pas super, et cela s’est ressenti sur le terrain. Au Brésil, c’était l’inverse, en France également. Ici, à Togliatti, je ne dirais pas que je vais revenir pour les vacances, mais les conditions sont bonnes. A l’hôtel, nous avons beaucoup de temps libre. Nous en passons une bonne partie dans nos chambres. Ceux de la nouvelle génération sont beaucoup sur leurs téléphones portables, mais nous faisons aussi en sorte de garder des moments sans téléphone, sans wi-fi, sans internet… C’est précieux pour l’esprit d’équipe. Aujourd’hui, je vis probablement mon dernier grand tournoi, alors chaque instant compte.

Lire aussi: Comment gagner une Coupe du monde?

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