En marge de la compétition, c’est une grande fête populaire qui a conquis la ville, si tranquille d’ordinaire, et le coeur des Vancouvérois, même les plus sceptiques.

«Au début, je me disais que cela allait être pénible et que ce n’était pas fait pour les habitants. Je pensais que c’était un événement pour des privilégiés mais pas pour ceux qui n’ont pas de tickets. Cela a été une agréable surprise. Il y a tellement de choses gratuites à faire, et on peut s’amuser, juste en profitant de l’atmosphère de la rue», explique Shelley West, 45 ans, de la banlieue de Vancouver, venue avec toute sa famille voir le match de hockey Canada - Suisse, sur un des écrans de la ville.

«La population a décidé de ne pas être spectatrice des Jeux, mais de vivre ces Jeux avec nous», se félicite John Furlong, le patron du comité d’organisation des Jeux (Covan), «la ville a changé, elle a une meilleure image d’elle-même et se sent bien dans sa peau».

Car la fête n’appartient pas qu’aux fanfarons capés du drapeau à la feuille d’érable. Des habitants en civil célèbrent les JO à leur manière en visitant les pavillons des provinces canadiennes, en allant voir la vasque olympique, ou en visitant la monnaie royale canadienne qui abritent les médailles officielles.

«Plus patriotes»

«Les Jeux ont apporté de l’énergie dans la ville, je n’ai jamais vu cela, même lors de l’expo universelle de 86», dit Cathy Moriarity, une retraitée vancouvéroise de 60 ans, qui flâne un jour de pluie dans le pavillon du Nord Canadien. «Les habitants se sont impliqués dans ces Jeux, en devenant bénévoles, on s’en souviendra», ajoute t-elle

Pour la première fois, la province de l’Ouest, si loin de la capitale fédérale, et si proche du voisin américain, bombe le torse.

«Ces Jeux nous ont rendus plus patriotes. C’est comme si on nous avait donné la permission de montrer ce que nous avions enfouis au fond de nous depuis toujours», dit cette habitante de Squamish, près de Whistler, Lail Weeks, qui se balade avec un groupe de copines retraitées.

«Nous les Canadiens sommes timides et modestes, il faut dire que nous avons un voisin qui prend de la place», dit-elle en faisant référence aux Etats-Unis, dont la frontière n’est qu’à 50 km de Vancouver.

Très visibles au début des Jeux, les anti-olympiques, qui ont notamment manifesté en faveur des nombreux sans-abris de la ville, n’ont pas désarmé. Mais leur message a été en grande partie éclipsé par l’enthousiasme collectif.

Chez certains, la fête fait même relativiser les six milliards de dollars canadiens (environ quatre milliards d’euros) dépensés pour les Jeux. «Nous avons maintenant une magnifique autoroute, entre Vancouver et Whistler, et une nouvelle ligne de métro», s’enthousiasme Lail Weeks.