Elles devaient être quatre. Quatre villes finalistes sur huit prétendantes au départ, désireuses d'accueillir les XXIes Jeux olympiques d'hiver de l'an 2010. Elles ne seront que trois à se disputer, aujourd'hui, les faveurs de la 115e session plénière du CIO, Berne ayant été prématurément mise hors jeu à l'issue d'un vote cantonal catastrophique (80% de non).

A 17 h 45, on saura qui de Vancouver (Canada), Salzbourg (Autriche) ou Pyeongchang (Corée du Sud) aura l'honneur d'organiser ces joutes… et d'empocher la manne financière subséquente. Avant le scrutin à bulletin secret, chacune livrera une ultime présentation de cinquante minutes maximum. Puis il appartiendra aux 113 membres votants du CIO – 5 sont absents, 7 ne peuvent s'exprimer en tant que ressortissants des trois Etats concernés, tandis que le président Jacques Rogge demeure neutre – de faire leur choix, la majorité absolue étant fixée à 57 voix.

L'ombre de New York

Comme toujours en de telles circonstances, les spéculations galopaient dans les couloirs du Hilton pragois à la veille du jour J. Les olympiens tiendront-ils compte de la rotation entre les continents (l'Europe détient 2004 et 2006, l'Asie 2008), ce qui impliquerait l'élection de Vancouver? Ou pousseront-ils Salzbourg, en préférant «réserver» l'Amérique du Nord (New York ou Toronto, qui se déclarera si Vancouver échoue) pour les JO de l'été 2012, selon les desiderata de la chaîne de télévision NBC, laquelle a acquis les droits exclusifs 2010/2012 à hauteur de 2 milliards de dollars, plus 200 millions destinés au programme TOP sponsors?

On le voit, le vote comporte une évidente prééminence politique. Seul son de cloche unanime chez les insiders, Pyeongchang n'aurait aucune chance de l'emporter juste après Pékin 2008. «En revanche, pour l'édition 2014, les Coréens seront quasi imbattables, avec leur projet de paix et de rapprochement entre les deux parties du pays», prophétise l'Anglais Robin Courage, big boss de TSE Consulting Europe, la société de communication et marketing qui a assuré la promotion de Salzbourg 2010 sous le joli slogan «Salzbourg, la musique des Jeux d'hiver», référence à la cité natale de Mozart.

Robin Courage poursuit: «Les JO hivernaux recèlent un problème récurrent, dans la mesure où de nombreux membres du CIO ne s'y intéressent pas suffisamment. Selon moi, ils sont encore une trentaine à ignorer vers quelle ville ils porteront leur suffrage. Quant au soi-disant poids du diffuseur NBC, je n'y crois guère. A Sydney 2000, malgré le décalage horaire, NBC avait enregistré un excellent taux d'audience et un chiffre d'affaires en conséquence. Alors…»

Une rumeur «infondée»

Côté canadien, la modestie d'usage sert de leitmotiv: «Nous ne sommes pas davantage favoris que nos deux adversaires, lâche John Furlong, le patron de Vancouver 2010. La rumeur affirmant que nous disposons de 60 promesses de votes, dont une moitié d'Européens, est totalement infondée.» Certains observateurs prédisent toutefois une décision rapide, peut-être dès le premier tour de scrutin. Avec quel nom inscrit dans l'enveloppe fatidique, ça…