Il n'y a rien de nouveau sous le soleil de la Côte d'Azur, revenu après un début d'épreuve marqué par les intempéries: les organisateurs du tournoi de Monte-Carlo éprouvent toujours autant de difficultés à faire venir certaines vedettes du circuit, et plus particulièrement celles qui ne sont pas de nationalité européenne. C'est ainsi que manquent à l'appel pour la présente édition quelques-uns des joueurs qui sont le plus à même d'attirer l'attention du public et des médias: Pete Sampras, Andre Agassi, Patrick Rafter et Lleyton Hewitt. Du côté de la Principauté, on pensait sans doute que le changement de statut du tournoi intervenu cette année allait améliorer la participation. Force est de constater que tel n'est pas le cas.

Il y a deux ans, l'émoi régnait à Monte-Carlo. Dans le projet de refonte du circuit professionnel, on prévoyait la diminution du nombre des tournois de la catégorie suivant immédiatement ceux du Grand Chelem. Les Super 9 ne devaient plus être que sept, et les épreuves les plus menacées paraissaient être Monte-Carlo et Hambourg. Il a fallu la réaction énergique de quelques champions, surtout des adeptes de la terre battue originaires du Vieux Continent, pour que ces deux épreuves conservent leur position privilégiée. Alex Corretja, alors président du Conseil des joueurs, a notamment pris une part prépondérante dans cette lutte, et il a du reste été récompensé officiellement de ses efforts en étant nommé mardi soir membre d'honneur du Monte-Carlo Country-Club. Le tournoi monégasque fait donc partie en l'an 2000 des Masters Series qui ont remplacé les Super 9.

Menaces de sanctions

En changeant le nom de ces épreuves, les responsables de l'ATP-Tour ont voulu leur donner un nouveau relief. Elles ont désormais un logo commun, et la participation des meilleurs joueurs est censée revêtir un caractère obligatoire sous peine de sanctions tant sur le plan financier que sur celui du classement. Visiblement, même ces mesures ne suffisent pas. Après l'Open d'Australie et la campagne américaine sur courts en dur, un certain nombre de professionnels, surtout les Américains et les Australiens, aspirent à un peu de repos avant d'aborder la très éprouvante tournée européenne sur terre battue qui les conduit à Roland-Garros. La situation est d'autant plus délicate cette année qu'on a placé deux tours de Coupe Davis avant le début de la saison sur terre battue à cause des Jeux olympiques, qu'il a fallu intercaler dans le calendrier.

Evgueni Kafelnikov, devenu tête de série numéro un en l'absence d'Agassi, résume bien le problème: «On ne pourra jamais forcer un joueur à participer à un tournoi qu'il n'a pas envie de disputer.» Les meilleurs professionnels ont pris part presque au complet aux deux premières épreuves des Masters Series, Indian Wells et Miami. Le Russe sait pourquoi il n'en a pas été de même à Monte-Carlo: «La terre battue nécessite une longue préparation et cela ne fait plaisir à personne de venir ici se faire battre par un Espagnol beaucoup mieux habitué à la surface.» Le Russe a malgré tout fait le déplacement, mais sans grande illusion. «Pour gagner un tel tournoi, il faut être à cent pour cent. C'est loin d'être mon cas», avait-il dit au début de la compétition. Hélas pour lui, ses propos se sont confirmés puisqu'il a été éliminé dès le deuxième tour par le Slovaque Dominik Hrbaty, demifinaliste des Internationaux de France l'année dernière.