Triste année 2002 pour le tennis suisse. Si l'on excepte l'Open d'Australie, où Martina Hingis atteignait la finale et Roger Federer les seizièmes de finale, le bilan des Helvètes dans les tournois du Grand Chelem est catastrophique. Le constat est similaire en Fed Cup et en Coupe Davis: l'équipe féminine est d'ores et déjà reléguée dans le groupe Europe/Afrique et les garçons joueront leur maintien dans le groupe mondial, le mois prochain, au Maroc. Une Berezina qui s'explique avant tout par la blessure de la Saint-Galloise et le vague à l'âme de «Rodgeur». Car si la relève existe, en particulier chez les filles, ils sont les seuls à pouvoir briller au plus haut niveau.

La série noire devrait logiquement se poursuivre dès ce lundi à l'US Open, dernière levée du Grand Chelem de la saison. De retour sur le circuit après son opération à la cheville du printemps dernier, Martina Hingis aura en effet bien du mal à participer aux demi-finales, stade qu'elle a toujours atteint à Flushing Meadow depuis 1996. Battue par Jelena Dokic la semaine dernière à Montréal, elle s'est inclinée jeudi à New Haven face à Anastasia Myskina (7-6, 4-6, 0-6) en perdant les onze derniers jeux…

Un score qui illustre son incapacité actuelle à tenir le rythme lorsque le match tire en longueur. Après la rencontre, l'ancienne numéro1 mondiale ravalait sa déception et tentait de rester positive. «Malgré cette défaite, je sens que je suis sur la bonne voie. J'ai beaucoup mieux joué qu'à Montréal. Je me réjouis de disputer l'US Open, même si je n'ai que deux semaines de tennis dans les jambes.» Quid de ses objectifs? «Je ne me fais pas d'illusion, je sais que tout ne peut pas redevenir parfait du jour au lendemain. Le monde a continué à tourner sans moi et tout est devenu plus difficile sur le circuit. C'est un travail de longue haleine. Je dois être patiente.» Dans ce contexte, une accession aux quarts de finale, où devrait l'attendre Venus Williams, tenante du titre, constituerait déjà une performance de choix.

Roger Federer se trouve lui aussi dans une situation délicate, mais pour des raisons différentes. Après un brillant début de saison, il ne parvient plus à se concentrer sur son tennis. Affecté moralement par ses performances médiocres à Roland-Garros et à Wimbledon, il a très mal vécu le décès accidentel de Peter Carter, le 1er août dernier. Une épreuve qui a laissé des traces. «C'était la première fois que j'assistais à un enterrement. Je ne peux pas dire que cela m'ait fait du bien, mais lui dire adieu dans un cadre digne en pensant encore très fort à lui m'a réconforté, confiait-il à l'agence Sportinformation. Lorsque j'ai quitté l'église, j'étais plus triste que jamais, sans aucune comparaison possible avec mes défaites sportives.»

Eliminé d'entrée à Toronto et Cincinnati avant le décès de son ancien coach, «Rodgeur» a connu un scénario similaire mercredi à Long Island. Opposé au Chilien Nicolas Massu, le Bâlois n'est pas parvenu à chasser ses idées noires (défaite 6-7, 6-1, 6-3). «J'espère passer le premier tour à New York, osait-il. Si j'y parviens, ce sera déjà bien. Sinon, cet été, j'aurai vraiment tout raté…»