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Des supporters belges encouragent leur équipe durant le match opposant David Goffin à Andy Murray en novembre 2015.
© Clive Brunskill

Le projet Godard

«Quand le vestiaire se vide, on se sent fort»

«Le Temps» remonte le tableau de Roland-Garros en partant d’un joueur inconnu, puis de son vainqueur et ainsi de suite. Après le Français Grégoire Barrere, nous sommes avec le Belge David Goffin. La tête de série N°12 s'est entraîné avec Novak Djokovic avant son troisième tour samedi contre l'Espagnol Nicolas Almagro

Le projet Godard

En 2007, dans une interview à L’Equipe, Jean-Luc Godard expliquait comment rendre compte au mieux d’un tournoi de tennis: prendre un joueur inconnu qui dispute le premier tour, le suivre jusqu’à ce qu’il perde, puis poursuivre avec son vainqueur, et ainsi de suite jusqu’à la finale. En 2016, Le Temps réalise le projet Godard.

Il fait beau à Roland-Garros. Les élégantes sont de sortie et les joueurs, qui jusqu’ici s’entraînaient en salle, peuvent enfin taper des balles avant le début officiel de la journée (fixé à 11h) ou, pour ceux qui ne sont pas programmés, sur les petits courts désormais non utilisés. David Goffin, de repos vendredi, préfère toujours s’en tenir à l’anonymat du stade Jean-Bouin, situé entre Roland-Garros et le Parc des Princes. Avec Novak Djokovic en face, plus Boris Becker dans le camp du Serbe, c’est sans doute plus prudent. Le joueur belge, que Le Temps suit depuis sa victoire au premier tour sur le Français Grégoire Barrere, se préserve également de l’attention de ses compatriotes. Il s’en explique avant son troisième tour samedi contre l’Espagnol Nicolas Almagro.

Le Temps: A vous suivre depuis quelques jours, on comprend à quel point vous êtes important pour les Belges. Et l’on devine que ce ne doit pas être facile tous les jours.

C’était compliqué au début parce que dès qu’on arrive, on entre dans un cercle où les gens vous attendent, surtout les journalistes. Dès qu’un petit jeune monte, ils s’en emparent pour avoir des informations et écrire des articles. Je suis arrivé un peu d’un coup en 2012. Pour moi c’était nouveau, mais pour eux, ça ne l’était pas. J’ai dû apprendre à les gérer, à les calmer. C’est moi qui dois imposer mon rythme, pas eux. Parce que vous donnez et ils demandent encore, donc j’ai dû apprendre parfois à dire non, à refuser.

- Et avec le public belge, qui est très nombreux ici?

- Avec le public aussi, c’est particulier. Avec les années, les gens deviennent de plus en plus exigeants avec moi, ce qui montre que j’ai déjà prouvé beaucoup de choses et qu’ils ont confiance en moi. Je sens qu’ils ont vraiment envie de me voir briller, mais c’est aussi une forme de pression qu’il faut apprendre à gérer. C’est venu avec le temps.

- C’est pour éviter la foule que vous vous entraînez toujours à l’écart?

- Non, c’est juste que j’aime bien le cadre de Jean-Bouin. J’aime toujours mieux m’entraîner dans la sérénité et dans le calme.

- Quel contraste avec le match de jeudi contre Carlos Berlocq! On se serait cru en Coupe Davis ou dans un stade de football.

- Oui, c’était vraiment top! Ce genre d’ambiance peut vous transcender ou vous tétaniser. C’est pour cela que j’essaye de rester dans ma bulle et de ne prendre que le positif de toute cette ferveur.

- Vous vous êtes tout de même un peu lâché à la fin…

- A la fin seulement, je ne ferai jamais ça pendant un match. Quand je joue, j’essaye de toujours garder une bonne attitude. Si on ne peut pas toujours jouer comme les tout meilleurs joueurs, on peut en revanche toujours se comporter comme les tout meilleurs.

- Avez-vous conscience d’être en train de changer de statut?

- Oui, je m’en rends compte. J’essaye de bien le vivre et de le prendre avec du recul. Il y en a qui se mettent une pression de fou, ce n’est pas facile de gérer un statut de favori. Alors je ne me mets aucune pression moi-même et je m’efforce simplement de faire le maximum à chaque match.

- Prenez-vous du plaisir dans ce tournoi?

- Oui, bien sûr. Le plaisir réside dans la compétition. Quand on fait ce métier-là, on prend du plaisir à être dans le combat, à lutter avec l’adversaire. Et quand on s’en sort, il y a… je ne dirais pas une émotion…, un sentiment de bien-être vraiment très addictif. A tel point que je me demande déjà comment ça va être quand je ne jouerai plus.

- A mesure que le tournoi avance, le players’lounge se vide.

- Ça, ça fait du bien. C’est là que l’on sent qu’on a bien «performé». Quand le vestiaire se vide, on se sent fort. A Indian Wells et Miami, où j’étais les deux fois en demi-finale, c’était une sensation très agréable d’avoir tout le restaurant et le vestiaire pour moi.

- On dirait que vous ne vous rasez plus…

- En effet. J’ai quelques petites superstitions comme celle-là: la même douche, la même place dans le vestiaire. Et j’espère bien laisser pousser encore un peu ma barbe.


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