Combien de supporters privilégiés assisteront-ils à la finale du Championnat d'Europe de football, le 29 juin 2008 à Vienne? 50000, comme prévu initialement, ou un peu moins en réalité? Il semble que l'Autriche, qui accueillera ladite finale, ait pris quelques libertés avec le cahier des charges imposé par l'UEFA, en évitant de l'ébruiter. Homologué stade «cinq étoiles», le Ernst-Happel Stadion de la capitale autrichienne ne possède pas 50000 places assises, comme cela était annoncé, mais 48600 et pas une de plus.

Ayant découvert cela, l'UEFA demande aux autorités autrichiennes de rectifier le tir au plus vite, et de hâter les travaux envisagés pour porter la capacité totale du stade situé dans le parc du Prater à 53000 places assises. Le Parti démocrate-chrétien (ÖVP) n'a pas manqué de fustiger la mairie sociale-démocrate (SPÖ) de Vienne et son premier magistrat, l'inamovible Michael Häupl. «Ils ne pouvaient pas ne pas savoir.»

Cette polémique vient s'ajouter à une longue série de controverses autour de l'Euro 2008 en Autriche, où l'ambiance n'est guère plus sereine qu'en Suisse. Aux abords du Ersnt-Happel Stadion, encore lui, 46 imposants platanes, dont certains ont plus de 75 ans, doivent être abattus car ils représentent «un risque pour la sécurité». Une responsable du Ministère de la jeunesse et des sports, Sandra Hofmann, assure que «cette décision ne relève absolument pas de la plaisanterie», mais elle n'a fait qu'attiser l'incendie.

Les travaux au point mort

Les Verts, soutenus par l'ÖVP, aimeraient savoir «si l'UEFA a vraiment exigé l'abattage des arbres». «Le débat est clos: abattage il doit y avoir, abattage il y aura», a tranché Michael Häupl, ajoutant que, «dans la perspective des six matches qui se tiendront à Vienne, ces mesures de sécurité doivent être menées à bien». Et le maire de s'emporter: «Si les Verts sont contre le Championnat d'Europe de foot, qu'ils le disent clairement!»

En attendant, face aux menaces de sit-in proférées par les écologistes et leurs sympathisants, qui ont déjà formé une chaîne humaine la semaine passée devant les platanes menacés, les travaux dans le stade sont au point mort. L'UEFA, elle, a refusé de se mouiller, arguant qu'elle ne pouvait «ni recommander, ni imposer» une telle contrainte, d'après son porte-parole Wolfgang Eichler. «Cela est du ressort des autorités autrichiennes», conclut-il, disant que c'est à elles d'assurer une sécurité optimale aux alentours des enceintes sportives.

L'affaire des platanes du Prater n'est pas finie. Les Verts, qui, par la bouche de Rüdiger Maresch, dénoncent une «vacherie», entre autres noms d'oiseaux, et un «abus de confiance», ont promis de ne pas céder. Ils exigent des conseillères municipales en charge des Sports et de l'Environnement, Grete Laska et Ulli Sima, qu'elles fassent marche arrière. «Lors de la finale de la Ligue des champions en 1995 [ndlr: jouée à Vienne, remportée 1-0 par l'Ajax Amsterdam face à l'AC Milan], personne ne s'était préoccupé de ces platanes», renchérit Maresch.