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Viktorija Golubic est probablement la joueuse suisse de l’année.
© AFP / BARBARA GINDL

Tennis

Viktorija Golubic, joueuse suisse de l’année

La Zurichoise s’est inclinée en finale du tournoi de Linz, battue par Dominika Cibulkova (6-3 7-5). Qu'importe, elle ne cesse de progresser

Pour un anniversaire, c’est sans doute un peu décevant, d’autant plus qu’il y avait peut-être moyen d’un peu mieux faire. Dimanche, jour de ses 24 ans, Viktorija Golubic a perdu la finale du tournoi de Linz. La Zurichoise s’est inclinée en deux manches (6-3 7-5) devant la Slovaque Dominika Cibulkova, pour avoir mal négocié les fins de sets (service perdu à 4-3 dans le premier, quatre balles de set manquées dans le second).

Dans un ou deux jours, il n’y paraîtra plus et Viktorija Golubic se félicitera de son beau parcours. Une fois de plus. La jeune femme a certes bénéficié d’un peu de chance en Autriche (abandon de l’Espagnole Garbine Muguruza, tête de série No 1, en quart de finale, forfait de l’Américaine Madison Keys, malade, en demi-finale) mais sa semaine est cohérente avec le reste de sa saison. Depuis le début de l’année, qu’elle avait entamée à la 178e place mondiale, elle ne cesse de surprendre. Elle est actuellement 62e joueuse mondiale, pourrait finir l’année dans le top 50 et figure parmi les quatre finalistes retenues par la WTA pour le titre de «révélation de l’année».

«Celle qui croit le moins en elle»

Elle l’est sans conteste au niveau suisse. Peu connue chez elle (mais elle s’entraîne et vit en Allemagne), cette fille de père Croate et de mère Serbe (tous deux naturalisés en Suisse) a éclaté en 2016. A Lucerne au printemps, elle remplace au pied levé une Belinda Bencic blessée en demi-finale de Fed Cup. Alors que Timea Bacsinszky passe à côté de l’événement, Viktorija assure et remporte deux belles victoires contre Karolina Pliskova et Barbora Strycova, deux joueuses classées 100 rangs devant elle.

Le public suisse découvre alors cette jeune fille timide, plus tout à fait un espoir du tennis, son jeu tout en toucher et en variations. Malgré son courage et la sympathie qu’elle inspire, ses doutes («Elle est sans doute celle qui croit le moins en elle», regrette Heinz Gunthardt, l’homme qui l’a lancée en Fed Cup) sont aussi les nôtres: comment cette frêle artiste des courts peut-elle résister plus qu’occasionnellement aux «cogneuses» du circuit? Elle rappelle un peu Martina Hingis. Mais Martina Hingis avait plus de talent, jouait à une autre époque et sait bien qu’elle ne peut plus rien espérer désormais sortie des épreuves de double.

Persévérance et premier titre WTA

En mai, à Roland-Garros, Viktorija Golubic est dans le tableau principal. Elle passe le premier tour, en trois manches comme souvent: une pour prendre la mesure physique de son adversaire, les deux autres pour renverser la situation. Sa victoire lui rapporte de quoi entrer dans le top 100 et de financer sa fin de saison. Une jolie récompense, se dit-on, imaginant sans doute qu’elle en restera là.

Mais Viktorija continue. Elle gagne, elle s’accroche. Son service est toujours aussi faible, son revers à une main toujours aussi beau. A Gstaad, au début de l’été, une Suissesse est en finale. Ce n’est pas Timea Bacsinszky, sortie au tour précédent. C’est Viktorija, qui bat la Belge Kiki Bertens (en trois sets, forcément) et gagne son premier titre WTA. Elle gagne son billet pour Rio mais doit quitter le village olympique après le forfait de Belinda Bencic pour laisser le double Hingis-Bacsinszky se parer d’argent. Elle s’en relève.

Cet automne, ce sont Bencic et Bacsinszky qui l’envient: quart de finale à Tokyo et à Canton, finale à Linz. Viktorija Golubic est probablement la joueuse suisse de l’année.

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