La chronique du CIRS

Des villes plus durables par le mouvement?

Les professeurs Fabien Ohl, sociologue, et Bengt Kayser, médecin, du Centre interdisciplinaire de recherche sur le sport de l’UNIL, analysent l’intérêt, et les obstacles, de la valorisation de l’activité physique et sportive en ville

Régulièrement, Le Temps ouvre ses colonnes aux travaux et réflexions des chercheurs du Centre interdisciplinaire de recherche sur le sport (CIRS) de l'Université de Lausanne

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Une caractéristique structurante de l’aménagement des territoires au cours du XXe siècle est d’avoir été pensé par et pour des déplacements automobiles. Autoroutes, contournements, zones commerciales, artères d’accès et parkings au centre des villes ont consacré une suprématie de la voiture. La mobilité motorisée a longtemps représenté la modernité et une certaine efficacité des déplacements. Et si la congestion actuelle des routes et les effets de la voiture sur la santé interpellent depuis de nombreuses années, notre capacité collective à en tirer des conséquences dans les choix de mobilité est bridée par au moins deux facteurs.

Le premier est que nous héritons d’importantes infrastructures qui ne peuvent pas être soudainement transformées. Les urbanistes sont depuis longtemps conscients des limites du tout automobile et doivent se faire les gestionnaires de ces héritages encombrants. Le second est plus de l’ordre des représentations, il renvoie aux usages sociaux de la voiture.