TENNIS

Vingt-trois ans après, Vladimir Voltchkov marche sur les traces de John McEnroe

Avec Sampras, Agassi et Rafter, les demi-finales de Wimbledon ressemblent à celles de l'an passé. Seul intrus, le Biélorusse Vladimir Voltchkov, issu des qualifications

Le carré d'as masculin de Wimbledon est un parent proche de celui de l'édition précédente. Comme en 1999, Pete Sampras, Andre Agassi et Patrick Rafter seront du rendez-vous. Seul changement, mais de taille: la disparition de Tim Henman, englouti dans le naufrage du tennis britannique, et l'incroyable éclosion de Vladimir Voltchkov. Depuis 1977 et la percée de John McEnroe, le Biélorusse est le premier joueur issu des qualifications à se retrouver en demi-finale à Londres. «Jusque-là, j'ai saisi des opportunités. Maintenant, c'est un authentique rêve qui se réalise. Wimbledon est certainement l'endroit par excellence où je souhaite m'illustrer.»

De Voltchkov, illustre «nobody» du circuit, il en fut pour la première fois question lorsqu'il créa au second tour la surprise en renvoyant Cédric Pioline à ses études. Mais l'athlète de Minsk n'allait pas en rester là, faisant plier peu après le redoutable Sud-Africain Wayne Ferreira, confirmant au passage qu'il n'avait pas remporté par hasard le tournoi de Wimbledon chez les juniors en 1996. Et le microcosme du tennis de s'intéresser d'un peu plus près à ce gladiateur des courts qui a continué sa belle aventure hier en éliminant Byron Black en trois sets. Numéro 237 au classement mondial, Vladimir Voltchkov ne s'était pas qualifié pour un seul tournoi du circuit professionnel depuis le début de l'année. Avant de mettre un terme à cette série noire lors des All England Championships, passant d'abord son oral durant les qualifications (3 victoires), puis réussissant son écrit dans le tableau principal (5 nouveaux succès). L'équipe suisse de Coupe Davis, qui l'affrontera dès le 21 juillet à Saint-Gall, peut déjà se faire quelques cheveux blancs.

Record individuel

Modeste et comptant bien le rester, le Biélorusse est venu au tennis un peu par hasard. «Mon père travaillait dans une industrie automobile, précise-t-il. Et quelques courts étaient à disposition, alors nous en avons profité avec mon frère». Puis persisté, tant les premières années ont longtemps rimé avec galère, ne trouvant que difficilement les ressources nécessaires pour voyager et s'entraîner.

Sur sa route se dresse désormais Pete Sampras, à qui deux victoires seulement manquent pour détenir seul le record mondial des titres en Grand Chelem (il en a gagné 12 pour l'instant). Mais «Pistol Pete» a déjà battu un record individuel en sortant vainqueur d'un court de Wimbledon pour la 26e fois consécutive. Même si hier, le couperet est passé d'assez près, tant l'Américain Jan-Michael Gambill, admirable à regarder jouer avec son coup droit et son revers à deux mains, l'a poussé dans ses derniers retranchements. Abdiquant après 4 sets acharnés, au cours desquels il fut souvent à deux doigts de démonter le mythe Sampras, Gambill est sorti par la grande porte. Et se consolera avec un prize-money alléchant qui lui permettra de s'offrir une nouvelle Jaguar, la septième, dans son garage de Spokane, près de Seattle. «Gambill, c'est le futur du tennis américain». Le compliment sort de la bouche de Pete Sampras…

Gambill sorti, reste encore en lice le participant le plus populaire et délivrant le tennis le plus rafraîchissant. Patrick Rafter ne souffre plus de son épaule, qui l'avait contraint au repos forcé pendant six mois, jusqu'en février et mis un terme au parcours de l'Allemand Alexander Popp, tétanisé par l'importance de l'enjeu. «Mr Nice Guy», comme les médias anglais le surnomment, se voit offrir une véritable revanche contre Andre Agassi, contre lequel il avait courbé l'échine au même stade l'an passé. Le meilleur volleyeur du circuit (Rafter) contre le meilleur relanceur (Agassi), la partie promet de véritables étincelles.

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