Le Club Nautique de Morges (CNM) a convié la presse mardi matin pour annoncer la création d'un groupe de supporters de Fast 2000, le défi suisse comptant parmi les 16 challengers inscrits à la prochaine Coupe de l'America. «Le but est de donner une véritable dimension nationale à Fast 2000 en fédérant le maximum de gens derrière ce projet. Nombreux sont ceux qui ont manifesté le désir de se sentir impliqués. La somme récoltée devrait permettre d'aider l'équipage helvétique – des bénévoles pour la plupart –, à bénéficier de conditions d'entraînement optimales sur le site d'Auckland en Nouvelle-Zélande», commente Serge Oetiker, président du CNM.

Quatre formules de parrainage sont proposées aux futurs supporters. Cela va de la catégorie des Amiraux pour les plus grands donateurs (1000 francs et plus) à celle des Mousses pour les plus modestes (10 à 100 francs) en passant par les Capitaines (500 à 1000 francs) et les Matelots (100 à 500 francs). Des avantages tels que des cadeaux de la boutique du club ou un dîner de gala en présence de l'équipage sont proposés aux parrains.

Si l'idée de ce groupe de supporters est bonne et devrait favoriser une implication du grand public dans ce projet, il n'en reste pas moins que les journalistes présents étaient surtout avides d'information concernant la santé financière du défi suisse. A quelque huit mois du début de la Coupe des éliminatoires Louis Vuitton, il est légitime de se demander quand commencera la construction du bateau, sachant qu'il faut compter entre cinq et douze mois pour construire un class america. Et surtout comment cette construction sera financée.

«On devrait démarrer la construction le 15 février. Le choix du chantier n'a pas été arrêté car il est possible que, pour des questions de délai, nous devions éclater la construction en plusieurs lieux», précise Marc Pajot. Mais dès qu'on touche à la question financière, le navigateur français devient gêné et reste vague: «Ce que nous pouvons dire c'est que nous avons un groupe d'actionnaires qui suit ce projet depuis le début et qui est décidé à le voir aboutir. Des efforts continuent à être faits, mais nous n'avons pas la totalité du budget.» Combien manque-t-il exactement? Difficile de le savoir. «La construction ne représente qu'un quart du budget. Un autre quart, destiné à la recherche, a déjà été financé. Or, à mes yeux, l'étape la plus visible est de savoir quel bateau on veut. Car cela ne sert à rien d'aller à la Coupe si l'on n'a pas un outil technologique à la hauteur de la concurrence», insiste Marc Pajot.

Et d'ajouter que les vingt-cinq jours d'entraînement à Auckland que vient de faire l'équipage de Fast 2000 sur le bateau loué au défi Esprit France ont été très bénéfiques: «Cela nous a permis de poursuivre la sélection et la formation de l'équipage, de sentir et évaluer les caractéristiques du plan d'eau.» L'équipe bénéficiera de peu de temps pour tester le bateau à sa sortie de chantier avant le début des éliminatoires le 18 octobre prochain. Mais cela n'inquiète pas Marc Pajot: «Aucun challenger ne sera à Auckland avant le mois de septembre et on considère que les premières régates font partie du temps de mise au point du bateau.» Le Français et son équipage doivent à nouveau s'envoler pour les antipodes afin de participer du 1er au 8 mars à la Mini Cup à laquelle sont conviés 4 des 16 challengers.