1968, les pavés qui volaient à Paris... 1968, c'est aussi l'année de la dernière médaille olympique de voile pour la Suisse. Au JO de Mexico, le duo composé de Louis Noverraz et Bernard Dunand avait décroché la médaille d'argent en 5 mètres 50. Et depuis, plus rien. Quarante ans de disette.

A Athènes, en 2004, Flavio Marazzi et Enrico De Maria avaient frôlé l'exploit en Star - quillard olympique - pour finalement échouer au pied du podium. Un résultat plus qu'honorable. Comme un signe avant-coureur d'une métamorphose au sein de Swiss Sailing qui s'est enfin doté d'un encadrement digne de ce nom, le Swiss Sailing Team, pour aider les jeunes navigateurs suisses de talent à donner corps à leur rêve olympique.

Six équipages sélectionnés

Hier, à Macolin, c'est une belle brochette de régatiers sélectionnés pour Pékin 2008 qui se sont présentés devant la presse. Neuf athlètes - six équipages - ayant rempli les critères imposés par Swiss Olympic. Si l'objectif affiché par Tom Ruegge, le chef d'équipe, reste modeste avec une médaille et un diplôme, ils sont plusieurs à posséder les atouts pour monter sur le podium à Qingdao. A commencer par le couple Marazzi-De Maria, ressoudé depuis que De Maria a quitté Alinghi, et flirtant à nouveau aux avant-postes en Star. Le véliplanchiste Richard Stauffacher figure lui aussi au rang des solides espoirs.

La Suisse romande n'est pas en reste, représentée par trois talentueuses jeunes filles. Les Vaudoises Emmanuelle Rol et Anne-Sophie Thilo formeront le plus jeune équipage de 470 aux JO. Leur jeunesse et, donc forcément leur manque d'expérience, en font plutôt des outsiders, mais elles peuvent créer la surprise. Tout comme la Fribourgeoise Nathalie Brügger, qui, depuis qu'elle a commencé le Laser Radial (féminin) il y a deux ans, a enregistré une ascension fulgurante, passant de la 190e place en 2006 à la 14e aujourd'hui. Deuxième à Melbourne en janvier et quatrième à la semaine olympique de Hyères, elle a les capacités mentales et physiques pour jouer un podium même si son jeune âge, 22 ans, la place elle aussi dans les outsiders.

L'expertise météo

Cette belle équipe peut désormais compter sur un appui de taille. Celui d'Alinghi qui a décidé de mettre son savoir-faire au service de Swiss Sailing via un programme appelé Alinghi Performance Programme (APP). Ce transfert de compétences se traduit par du coaching et une expertise météo. Le Néo-zélandais John Bilger, chef du «weather team» a procédé à des analyses du plan d'eau d'Auckland pour Nathalie Brügger lors des Mondiaux en janvier. Jordi Calafat, champion olympique de 470, va coacher Rol-Thilo dès la semaine prochaine à Valence. Le laseriste Christoph Bottoni affinera sa préparation physique dans la salle de gym de la base. Mais surtout, dès le mois de juillet, une personne de la cellule météo - il n'a pas encore été décidé si elle se rendrait sur place ou travaillerait à distance - va s'occuper d'analyser le plan d'eau de Tsing-Tao afin d'établir des statistiques et de livrer des informations quotidiennes à l'équipe et leur donner des tendances sur le vent.

Ce partenariat se poursuivra au-delà des Jeux de Pékin et notamment en vue de Londres 2012. «Pour ce qui est du coaching, cette aide arrive peut-être un peu tard pour cette année, mais ce sera un atout pour Londres, souligne Anne-Sophie Thilo. Et pour ce qui est de la météo, c'est précieux. Les grosses nations comme la Grande-Bretagne ont de grosses infrastructures d'analyses météo avec lesquelles nous avons du mal à rivaliser. Le savoir-faire d'Alinghi sera très utile.»