Chaque mardi de l’été, notre chroniqueur court, saute, nage et pédale. Il partage l’exercice musculaire dans «Le Temps».

Episodes précédents:

Avouez. Dimanche, vous avez dormi pendant la finale de Wimbledon entre Federer et Djokovic. Non, bien sûr, pas après 4 heures 30 de jeu, à 10-10 dans le cinquième set. Là, vers 19 heures, vous étiez attentif, tendu, exaspéré.

Mais entre la première heure et la troisième heure? Quand les autres étaient à la plage. Vous ne nous ferez pas croire qu’à un certain moment, vous n’avez pas côtoyé Morphée. En pleine digestion, allongé sur un canapé à méridienne, quand les échanges ronflaient?

Poc, poc, poc, poc. Applaudissements. Pascal Droz, Marc Rosset. Silence.

Poc, poc, poc, poc, poc. Applaudissements. Pascal Droz, Marc Rosset. Silence.

Dans ces moments-là, dur de résister aux attaques de paupières. Il n’y a que ce juge de ligne qui crie «Fault» un peu trop fort pour vous faire sortir de votre somnolence.

Le golf en tête

Oui, parmi les programmes TV soporifiques, il n’y a pas que les documentaires animaliers, il y a aussi le sport. Le tennis, le vélo, la voile, le curling… Cette liste est très personnelle. Mais il existe des inventaires plus officiels. Un sondage de YouGov réalisé auprès de 1600 Britanniques a permis d’établir un classement des sports les plus ennuyeux à regarder à la télévision. En tête, et de loin, le golf, cité par 8 personnes sur 10.

Viennent ensuite le football américain (presque personne ne comprend les règles), le cricket (personne ne comprend les règles), les fléchettes (évidemment), le billard (évidemment) et, plus étonnant, le basket.

Dans un genre plus subjectif, voici un autre indicateur. Il s’agit de la chaîne Napflix, une sorte de Netflix de l’ennui. La télé pour s’endormir, en somme. Au programme, des plans fixes d’un aquarium, le mariage d’une sœur du roi d’Espagne mais aussi une partie d’échecs, un marathon, de la pétanque, du Nascar et… du tennis à Wimbledon.

Difficile de trouver un point commun à toutes ces disciplines. Peut-être le fait qu’on ne parle pas ici de celles dont on se fiche éperdument. Devant celles qui n’ont aucun intérêt, on ne s’endort pas puisqu’on ne les regarde pas. Pour un sport, pour Federer ou pour Djokovic, être regardé, même les yeux fermés, c’est déjà un privilège.