CEV Cup

Volleyball: face au LUC, le meilleur libéro du monde

En Coupe d'Europe, le club lausannois accueille ce mercredi les Italiens de Trentino et leur phénomène Jenia Grebennikov, qui a rendu attractif le plus ingrat des postes 

Le Lausanne Université Club accueille, ce mercredi à 20 heures à Dorigny, les Italiens de Trentino en seizièmes de finale de la CEV Cup, la deuxième compétition européenne en volleyball. Les attaquants vaudois ont tout intérêt à s’armer de patience: il ne leur sera pas facile de mettre le ballon par terre face à une équipe qui compte dans ses rangs Jenia Grebennikov. Membre de l’équipe de France qui a remporté deux Ligues mondiales et un Euro depuis 2015, ce Franco-Russe de 28 ans est le meilleur joueur du monde au plus ingrat des postes: celui de libéro.

Le libéro en volleyball, c’est le gardien en football ou le bassiste dans un groupe de rock. S’il travaille bien, personne ne le remarque; s’il se rate, on ne voit que lui. Il passe son match à réceptionner les services adverses et à mobiliser tout son corps pour sauver les points les plus désespérés. Dans un sport qui ne jure que par la verticalité des sauts et la puissance des attaques, il doit garder son centre de gravité aussi bas que possible et s’acquitter de tâches exclusivement défensives. A la manière d’un boxeur qui n’aurait pas le droit de rendre les coups, il est condamné à encaisser, et encaisser encore.

La taille compte

Mais depuis quelques années, Jenia Grebennikov contribue à changer l’image du poste. Avec les Bleus – il compte 193 sélections – et ses clubs successifs, il a développé un style unique, instinctif, peu académique mais délicieusement spectaculaire. Ses sauvetages désespérés circulent sur les réseaux sociaux et inspirent les jeunes. «Je n’attends pas que la balle vienne sur moi, je vais la chercher, expliquait-il dernièrement au Monde. Je prends des risques et c’est comme ça que je prends du plaisir.»

Il faut bien ça. Comme la plupart de ses homologues, il a commencé en rêvant de claquer des balles au filet plutôt que de les ratisser juste avant qu’elles ne touchent le sol. Né d’un couple de volleyeurs, élevé dans les salles de sport, il a toujours été doué mais s’est heurté au plafond de verre de la taille. Ses 188 centimètres n’en font pas un petit dans la rue, mais il en va différemment dans sa discipline où, à très haut niveau, les géants discutent entre eux. C’est précisément pour valoriser d’autres profils que le poste de libéro a été introduit en 1998. Jenia Grebennikov a su en profiter mieux que quiconque.

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